La Lettre M zoome sur l’avancée des nombreux projets autoroutiers en L.-R., en cours (A 75 et A 750) ou en projet (le long de l’A9 à Montpellier et dans les P.-O., A 61 dans l’Aude).
Un nœud autoroutier à Béziers
Au printemps prochain, l’A 75 rejoindra l’A9 à hauteur de Béziers (cf. ci-contre)… 35 ans après le coup d’envoi de ce projet censé désenclaver le Massif central. « Du plateau du Larzac jusqu’aux abords de Béziers, il aura fallu 20 ans », sourit Jean-Marie Chambon (Bec Frères, Fayat Group), chef de chantier principal pour la section Servian-Béziers (6,5 km), pour laquelle la Direction inter-régionale des routes Massif Central a désigné le groupement Bec Frères/Razel/Colas. « Les terrassements généraux sont terminés et la couche de forme (30 cm d’épaisseur, 80 000 m3 de matériaux utilisés) est en cours, explique-t-il. Colas prendra le relais fin septembre, début octobre, pour les enrobés. » La centrale d’enrobés est implantée à Montblanc, le long de la RD 18. Sur la piste, où grouillent arroseuses, compacteurs, tombereaux et tractopelles, c’est la sécurité qui prime. « Notre souci, c’est que les ouvragistes (maçons et ferrailleurs, ndlr) côtoient les engins de chantiers. » Un code de la route interne est enseigné à chaque nouvel arrivant : pas plus de 10 km/h au niveau des ouvrages, 30 km/h dans les passages rétrécis, 50 km/h lorsque la piste est dégagée. Des plots sont disposés à intervalles réguliers le long du fourreau qui abritera le réseau d’appel d’urgence et la fibre optique. « Des jeunes viennent faire de la moto sur la piste… Il faut penser à tout », souligne Jean-Marie Chambon.
Crise oblige, le personnel de la division GTIT (grands travaux infrastructures terrassements) affiche son inquiétude. « Je viens de Besançon, où nous avions décroché le marché de la LGV Rhin-Rhône, explique Jean-Claude Carne au volant de son 8x8 charriant 16 m3 de terre. Je suis à Béziers jusqu’à fin septembre. Après, je ne sais pas. Il faut souhaiter que d’ici là on décroche quelque chose. » Jean-Michel Chambon se veut rassurant : « Une partie va être affectée au chantier voisin de l’A 750 (Clermont-l’Hérault/Montpellier) ». Le secteur Mas de Ratte/Mas d’Alhen (Gignac), d’un coût de 20 M€, sera mis en service à l’été 2010.
A9b : Borloo temporise
Au sud de Montpellier, Jean-Louis Borloo se prononcera en fin d’année au sujet du projet de déplacement de l’A9 sur une dizaine de kilomètres. « Grenellement incorrect » et inadaptée selon ses détracteurs (Cyril Meunier, maire de Lattes, en tête), indispensable pour la majorité des élus locaux, cette nouvelle infrastructure (environ 400 M€, financés par ASF) permettrait de séparer les flux (locaux et de transit) et de transformer l’autoroute actuelle en boulevard périphérique, dont les collectivités auraient la charge. Rien n’est joué. Si et seulement si les travaux d’élargissement des sorties à hauteur de Montpellier, également financés par ASF, n’apportent pas « une solution pérenne aux questions de fluidité du trafic et de sécurité routière », alors l’État « prendrait ses responsabilités et engagerait le projet de déplacement court, compatible avec la déclaration d’utilité publique (DUP) du 30 avril 2007 », indique le Meeddat dans un communiqué daté du 23 juillet.
Le trimestre à venir sera donc placé sous le signe du lobbying politico-économique. Le 27 août, la Fédération des Travaux Publics (FRTP) dégaine en premier. Selon son président, Jean-Michel Buesa, « les chantiers se multiplient dans l’aire urbaine de Montpellier (…). La congestion actuelle du trafic sur l’A9 à Montpellier ne permet pas l’accès aux chantiers dans des conditions économiquement et écologiquement responsables. »
Dans l’Aude et les P.-O., ASF planifie 900 M€ d’investissements pour la mise à 2x3 voies de deux sections : entre Perpignan-Nord et le Perthus (A9, 39 km, 420 M€ - valeur 2006), d’ici à 2020 et entre Narbonne et Villefranche-de-Lauraguet (A 61, 118 km, 480 M€). Pour ce tronçon audois, l’enquête publique devrait se dérouler en 2011, assure Jean-Pierre Boulet, directeur d’opérations d’ASF à Narbonne.Â
Hubert Vialatte
Légende : A 75, section Servian-Béziers. La percée d’une autoroute occasionne des problèmes insoupçonnables : 20 000 m3 de matériaux impropres (pneus, ordures ménagères) à mettre en remblais, dressement d’un merlon antibruit de quatre mètres pour ne pas compromettre un projet de parc de loisirs sur les oiseaux, aménagement de mares pour les batraciens, pose de milliers de drains verticaux dans les zones inondables pour permettre le tassement du terrain… « On ne fait pas que remuer de la terre », résume Jean-Marie Chambon, chef de chantier principal pour Bec Frères (Fayat Group).
Panorama
L’A 75 touche au but
Initiée en 1975 (plan Massif Central), 321 des 335 km de l’itinéraire étaient ouverts aux usagers au 21 février 2009.
Pézenas-Béziers (18 km à 2x2 voies) comprend cinq échangeurs (Pézenas Ouest, Servian, Béziers Nord-Est, Béziers Sud-Est et raccordement à l’A9). La déviation de Valros (6,5 km, 38 M€) a été mise en service le 25 février. Un appel d’offres sera lancé en fin d’année pour choisir le concessionnaire aménageur des aires de service.
Servian-Béziers (6,5 km) : 7 ouvrages d’art hydrauliques à réaliser pour le franchissement des cours d’eau (Ardaillou, Libron, Baume…)
Valros-Servian (2,5 km) : 12 ouvrages d’art à réaliser, du fait d’un réseau très dense des cours d’eau. Mise en service prévue au printemps 2011.
Barreau de la Devèze (1,2 km, 30 M€). Mise en service prévue au printemps 2010.
Déviation de Pézenas (5 km, 20 M€). Nouvelle enquête publique au titre de la loi sur l’eau fin 2009. Premiers travaux d’aménagements environnementaux en 2010.Â
Source : DRE L.-R., service de maîtrise d’ouvrage des Routes.
ASF fait la jonction A9/A75
Longueur : 5 km, à l’est de Béziers. Début du chantier : octobre 2007. Livraison : printemps 2010. Livraison de la future barrière de péage cet automne. Installation des équipements d’exploitation : d’octobre 2009 à février 2010. Mise en service, simultanément avec le barreau de la Devèze : printemps 2010.
Source : ASF.