APRÈS UN MAUVAIS DÉBUT DE SAISON, MALGRÉ LES PONTS DE MAI
Saison estivale : le littoral fait le plein, pas l’arrière-pays
74 000 emplois dépendent chaque été du secteur touristique, en Languedoc- Roussillon. La saison 2008, qui commence, aura-t-elle l’éclat de l’été 2007 ? Sur le littoral, comme dans les villes, les professionnels ont déjà le sourire. Mais dans l’arrière-pays, l’été s’annonce plus morose.
PHOTO : CRT (www.sunfrance.com)
• Optimisme sur le littoral
"On est pile dans les clous", se réjouit Frédéric Lopez, président délégué du Comité régional du tourisme et directeur du camping La Tamarissière, à Agde. "La saison commence bien pour tout le littoral", confirme Bernard Sauvaire, patron de Yelloh ! Village et vice-président de la FHPA. Selon lui, "les réservations sont normales jusqu’au 10 juillet. Ensuite on note un pic de 5 % de fréquentation. Fin août, comme la première semaine de septembre, se présentent très bien."
"Nos réservations sont bonnes, confirme le président délégué de l’Umih du Gard, Didier Liaudet. J’espère seulement qu’il n’y aura pas de vent comme en juillet dernier." Dans l’Aude, l’observatoire du tourisme du CDT constate une amélioration par rapport à 2007. 24% des professionnels évoquent une hausse des réservations. Contre 0 % l’an dernier… Xavier Lormand, DG de Roussillhotel (9 hôtels dans les PO, 1 à Sète), pondère : "Nous avons de moins en moins de lisibilité à long terme. Mais les indicateurs sont favorables."
• Arrière-pays : situation contrastée
Dans l’Aude, les tendances seraient plutôt à la dégradation : seulement 27 % des professionnels prévoient une hausse des réservations, contre 34% en 2007. L’attachée de communication du CDT de Lozère, Brigitte Donnadieu, a beau évoquer "la courbe exponentielle des randonneurs et le 130e anniversaire de Stevenson", événement attractif, on ne s’attend pas à une grande saison en Lozère : "On a intégré que 2008 ne serait pas une grande année. La conjoncture est trop morose", lâche, dépité, Daniel Lagrange, président départemental de l’Umih et des Logis de France.
Seule exception : aux gîtes de l’Hérault, la tendance est à la hausse par rapport à l’an passé, surtout sur le web. "C’est la première année depuis 2003-2004 où l’on ressent un optimisme général", constate David Queffelec, du CDT de l’Hérault.
• Montagne : sinistrose
L’optimisme n’est pas de mise à l’OT de Font-Romeu, où Christian Sarran s’inquiète: "Le mois de juillet est quasiment vide en réservations et pour le mois d’août. Nous sommes à peine à 40 %. Les années passées, à la deuxième quinzaine de juillet, nous en étions au moins à 50 % de remplissage, et le mois d’août était à cette époque à 70 %. Nous constatons aussi un net recul de la fréquentation des clientèles anglaises et allemandes qui se rendaient en Espagne par le plateau cerdan. Peut-être est-ce dû, comme en France, au recul économique…"
• Les villes cartonnent
A Nîmes, "le booking est satisfaisant et l’on note un regain de réservation des Italiens, se réjouit le président des hôteliers de la ville, Giuseppe Delle Fontane : Je sens que l’activité sera plus soutenue grâce aux nombreuses animations de la ville". Montpellier caracole : "Le tourisme urbain se développe de plus en plus" résume la maire Hélène Mandroux.
Pour doper le CA (200 M€) après une année exceptionnelle, de nombreuses animations sont prévues le vendredi soir, avec des producteurs et des soirées gratuites.
À Carcassonne, Muriel Bastié, responsable du service accueil de l’OT, reste sur ses gardes : "Depuis le début de l’année, nous avons une hausse des demandes de documentations avec des pics en mars et en avril. Mais cela ne se retranscrit pas toujours en réservations… L’écart se creuse entre la fréquentation de l’OT et l’impact économique. » Côté meublés, « la tendance est calme en juillet, remarque l’OT de Perpignan, tandis que le mois d’août enregistre 60 % de réservations."
Mathilde Pastor et Véronique Coll