18 h : Rencontre avec Pierre Michon, animée par Régis Penalva, libraire de Sauramps. Pierre Michon lira des pages des "Onze".
Médiathèque centrale E. Zola – Antigone
Qui ne connaît le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 93, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur ?
C’est à travers cette oeuvre que Pierre Michon a choisi d’évoquer cet épisode de la Révolution française où “la ligne droite ne connut pas la courbe” (pour reprendre les mots de Victor Hugo).
Michon y convoque, avec la maîtrise qu’on lui sait, tous les protagonistes de cette aventure nationale si controversée.
“Sept ans de silence depuis la parution, en 2002, de Corps du roi et d’Abbés. Concernant Pierre Michon, sept ans d’absence, ce n’est pas grand-chose. L’écrivain des Vies minuscules nous a habitués à ce mutisme récurrent, cette parcimonie, cette longue attente. On y est prêt, on sait cette lenteur. On le sait aussi, sa réapparition sur le devant de la scène est toujours fulgurante. Ainsi, aujourd’hui, voici Les Onze, livre admirable, virtuose, tout ensemble radieux et parcouru d’effroi, ténébreux et éclatant, comme rayonnant d’une lumière noire. Un roman qui s’offre à lire à la fois comme une vie imaginaire et une méditation sur l’art et le pouvoir. Une réflexion sur l’Histoire également, “cette pure terreur”, cette fascinante et tragique machine à broyer les individus et les peuples. Le grand Jules Michelet lui-même apparaît, aux dernières pages du roman, comme pour créditer le récit qui a précédé son entrée en scène, où réalité et imaginaire se mêlent, jusqu’au vertige parfois. ”
(Nathalie Crom, Télérama)
Biographie
Pierre Michon est né le 28 mars 1945, aux Cards, dans la Creuse où ses parents étaient instituteurs. Lycéen à Guéret, il étudie ensuite les lettres à l’université de Clermont-Ferrand (maîtrise sur le théâtre d’Artaud).
Son premier texte Les vies minuscules paraît lorsqu’il a 37 ans, après quelques années consacrées aux études littéraires et au théâtre. A ce livre succèdent des textes courts et remarquables autour de la destinée de Rimbaud (Rimbaud le fils) ou dans une veine qu’on qualifiera, faute de mieux, de romanesque (La Grande Beune ou, plus récemment, Abbés). Ainsi se poursuit une oeuvre exigeante et discrète qui gagne de plus en plus en reconnaissance publique.