Depuis son implantation dans la périphérie de Béziers, en 2 000,
l'usine créée par BSN Glasspack et rachetée en 2004 par l'Américain O-I
(Owens-Illinois), était la seule industrie verrière, sur les 18
réparties à travers la France, à ne pas posséder de centre de
traitement et de recyclage du verre. L'ouverture, mi-juin, d'une unité
IPAQ sur son site résout le problème.
L'industrie du verre est sans conteste la pionnière en matière de
développement durable puisque les fabricants ont lancé une politique
française de recyclage dès 1974, faisant de ce matériau le précurseur
dans ce domaine. Il est vrai que le verre, fabriqué depuis des milliers
d'années à partir de matières premières naturelles que sont le sable,
le calcaire et la soude, est recyclable à l'infini, sans perdre la
moindre de ses qualités intrinsèques. Quand on sait, en plus, que son
recyclage permet une réduction conséquente de consommation d'énergie
dans les fours, ainsi qu'une baisse sensible des émissions de CO2, on
comprend que les verriers aient cherché, très tôt, à miser sur la
récupération et le traitement de qualité pour enfourner chaque année
davantage de verre recyclé dans leurs productions respectives. L'usine
de Béziers, qui produit 350 millions de bouteilles par an dont plus de
90 % dédiés au vin, a fait des choix d'énergie et de procédés de
fabrication visant à limiter significativement les rejets dans le
milieu naturel, à l'instar d'ailleurs des autres usines du groupe O-I.
Certifiée ISO 9 000 (qualité) et ISO 14 001 (environnement), elle
utilise pour la production de bouteilles en verre de teinte foncée 70
% de calcin (verre recyclé), contribuant ainsi, elle aussi, à moins
rejeter de CO2 dans l'atmosphère (une tonne de calcin utilisée équivaut
à éviter l'émission de 500 kg de CO2). Seul hic, le manque, à
proximité, d'un centre de recyclage et de traitement du verre qui
l'obligeait à s'approvisionner auprès du centre le plus proche,
c'est-à-dire en Ardèche.
Une grande première en Europe
En confiant à IPAQ le soin de construire et de gérer cette nouvelle
unité, O-I a choisi de s'appuyer sur un partenaire reconnu pour ses
compétences. IPAQ est, en effet, une société pionnière du recyclage du
verre puisqu'elle en a fait sa spécialité depuis 1978 et qu'elle
disposait jusqu'à cette nouvelle ouverture de trois centres de
traitement en France (Gironde, Puy-de-Dôme et Ardèche), tous certifiés
ISO 9001 et ISO 14 001. Comme le sera très prochainement l'unité
biterroise dans laquelle IPAQ a investi près de 6 M€, avec l'aide de la
communauté d'agglomération de Béziers, du Département, de la Région, de
l'Europe qui lui ont attribué des subventions à hauteur de 260 000 €,
et où elle vient de créer 14 emplois. Une unité qui est en mesure de
recycler jusqu'à 180 000 tonnes de verre par an issues d'une zone de
collecte couvrant plusieurs départements du Languedoc-Roussillon ainsi
qu'une partie de la région Paca et la Corse. Particularité de cette
unité, elle est la première en Europe à alimenter directement une
verrerie par le biais de bandes transporteuses qui vont permettre de
réaliser une économie de CO2 équivalente à la circulation de 20 camions
par jour ! Il faut noter que ce centre est équipé des dernières
technologies du tri de calcin avec laser, caméra numérique, détection
par UV… en vue d'éliminer porcelaine, pierres, vitrocéramiques… et
qu'il est également équipé d'un atelier poudre pour la valorisation des
morceaux de verre inférieurs à10 mm. De quoi offrir à O-I, qui
récupérait auparavant le verre traité dans le centre ardéchois d'IPAQ,
la possibilité d'assurer un suivi constant direct de la totalité du
verre reçu des collectivités et de lui assurer une qualité de calcin
irréprochable.