« Occitanie » : les élus régionaux valideront-ils le choix des habitants ?

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Consultation

Les 203 983 votants de Languedoc- RouSsillon-Midi- Pyrénées ont clairement exprimé leur préférence. Le Conseilrégional devra se positionnerle 24 juin prochain sur cette option qui divise le monde économique.

GRANDE RÉGION

Les habitants ont tranché. Et plutôt nettement. Parmi les cinq noms soumis à la consultation. citoyenne, dont les résultats ont été annoncés hier à l'Hôtel de région à Montpellier, c'est Occitanie qui prend la tête. Sur les 203 993 votes validés, la proposition a été placée en première place dans 44,9% des cas. Mieux, selon la méthode Condorcet, choisie par la Région, Occitanie gagne tous ses « duels » face aux autres noms. En clair, quel que soit le rang choisi pour les autres noms (puisqu'il fallait les classer par ordre de préférence), Occitanie arrive devant Languedoc- Pyrénées dans 58% des cas, devant Pyrénées-Méditerranée à 62 %, devant Languedoc à 69% et très largement devant Occitanie- Pays catalan à 75%.

« Il y a eu une prise de position claire et nette », a commenté la présidente Carole Delga juste après avoir transmis les résultats de la consultation aux 158 élus du Conseil régional. Est-ce à dire que c'est le nom qu'ils valideront le 24 juin prochain ? Pas sûr. « Il faut leur laisser le temps de s'approprier ces résultats », a souligné Carole Delga qui précise que la « notion de Pyrénées » ressort également fortement de cette consultation, puisque les deux noms qui la contiennent arrivent en 2e et 3e position et qu'ils remportent 3 « duels » pour Languedoc- Pyrénées et deux « duels » pour Pyrénées-Méditerranée.

Si de telles précisions sont nécessaires, c'est qu' Occitanie ne fait pas l'unanimité ailleurs que dans la population. Les secteurs touristiques et économiques ont exprimé leur réticence, tandis que le Ceser (Conseil économique social et environnemental régional) a marqué sa préférence pour Languedoc- Pyrénées.

Enfin, Carole Delga ne voudrait pas froisser les Catalans. « Certaines personnes peuvent se sentir exclues », a-t-elle fait remarqué, précisant que la semaine à venir sera consacrée à la discussion afin d'obtenir un vote d'adhésion le plus large possible. «Je veux que ce nom fédère. Il faut qu'ilfasse région, qu'il fasse union et pas désunion », a commenté Carole Delga.

Difficile toutefois d'imaginer que les élus, même si « le vote leur appartient », aillent à rebours du résultat de cette votation dont la présidente s'est échinée à démontrer « la qualité, le sérieux et la transparence. La participation sur internet a en effet été validée par huissier vendredi 10 juin à minuit (164 826 votants), tout comme celle par courrier, ce mercredi (39 167 votants). Près de 13 000 bulletins ont été mis de côtés car ne présentant pas les informations nécessaires pour démontrer qu'il ne s'agissait pas d'un « double vote ». Hier, Carole Delga a aussi voulu coupé court à la polémique sur le coût de cette consultation (500 000 euros). Entrer en « relation directe avec les citoyens, ça n'a pas de prix », a-t-elle souligné voulant faire de cette expérience le premier jalon d'une « nouvelle façon dé [lest impliquer aux politiques publiques ».

En ce sens, la décision des élus régionaux vendredi prochain sera cruciale. Tout en sachant que la Résolution unique qui sera adoptée (dans laquelle sera aussi précisé le choix du chef lieu et de l'implantation de l'Hôtel de Région) doit encore être validé par l'Etat. Les jours de Languedoc-Roussillon- Midi-Pyrénées sont comptés.

Martine Desseigne