Liquidations en chaîne dans le solaire

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Deux sociétés spécialisées dans le photovoltaïque, Aehlios (Cournonsec, Hérault) et DEICC (Saint-Laurent-des-Arbres, Gard) viennent, coup sur coup, d’être liquidées par les tribunaux de commerce de Montpellier et Nîmes. Leurs points communs : une durée de vie inversement proportionnelle à leurs ambitions. En 2009, Aehlios employait 120 personnes dans six agences en L.-R., et projetait de construire une usine de cellules photovoltaïques. La même année, le groupe DEICC s’installait dans de vastes locaux, à Manduel (Gard), et projetait dès l’année suivante un CA consolidé de 36 M€ et un effectif de 85 personnes. Moins de deux ans plus tard, les deux sociétés n’existent plus. Le dirigeant de DEICC, Driss El Houesse, a expliqué au tribunal de commerce que « beaucoup de marchés n’avaient pas abouti malgré les investissements ». Il a également mis en cause le moratoire de décembre 2010.

Bulle. Un administrateur judiciaire dit voir passer régulièrement des jeunes sociétés spécialisées dans le solaire. « La bulle solaire a éclaté », renchérit un cadre du secteur. Le président du pôle de compétitivité Derbi, André Joffre, confirme les difficultés d’un grand nombre d’entreprises du secteur : « Tout le monde était parti la fleur au fusil, sans prendre parfois suffisamment de précaution. Il y a eu une période d’euphorie. Celle qui commence maintenant est tout sauf inattendue ». Selon lui, le marché des installations reste toutefois prometteur : sans atteindre le niveau initialement prévu, l’année 2011 devrait être supérieure à 2010. Une autre inconnue pèse sur la filière : l’issue du moratoire de l’État. Réponse attendue « avant fin février », selon André Joffre.

Henri Frasque et Nelly Barbé