Karting, plein régime pour Nowa Kart

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Contrairement à ce que certains pensent, le karting n’est pas qu’un loisir pour amateurs de -sensations fortes. En version course de compétition, les petits bolides peuvent foncer jusqu’à 200 km/heure ! Il ’existe plus aujourd’hui que trois constructeurs en France, la plupart es autres étant en Italie. Parmi eux, Nowa Kart, installé sur le circuit de Ganges, au nord de Montpellier.
kart.jpgCrédit photo : Edouard Hannoteaux
Sur les poutres du snack-bar, juste au pied des pistes, des photos jaunies rappellent le « bon vieux temps » : les toutes premières courses dans le centre-ville de Ganges, les hommes qui s’échinent, pioche à la main, à creuser le circuit ou encore les challenges par équipe où chacun venait avec son propre engin. C’était en 1961. Le Karting Club Gangeois construit l’une des toutes premières pistes de France. La mode est née de l’autre côté de l’Atlantique, en Californie, où le premier modèle de kart est construit en 1956,  avec le moteur trafiqué d’une tondeuse à gazon ! Ce drôle d’engin séduit très rapidement la France. Dès 1959 au Grand Palais à Paris, où se tiennent simultanément le salon nautique et celui de l’automobile, des karts rutilants trônent au milieu des moteurs hors-bord. Une entrée fracassante qui laisse une empreinte jusqu’à Ganges. Un demi-siècle plus tard, tout a bien changé dans la petite commune des Cévennes : le circuit, largement modernisé, accueille séminaires d’entreprise, équipes de sport, touristes et amateurs (un complexe hôtelier va même bientôt voir le jour). Mais pas seulement.

Passion de famille
Deux à trois compétitions s’y déroulent chaque année. Et surtout, un bâtiment flambant neuf est sorti de terre l’hiver dernier pour abriter un atelier de construction : 530 m2 pour un investissement de 350 000 €. Un tel lieu est rare en France. Il n’existe plus que trois cons-tructeurs de kart qui tentent de résister à la toute puissante industrie italienne : Sodikart à Nantes,  Alpha Karting à Alès et Nowa Kart à Brissac, au nord de Montpellier, sur la route de Ganges. Celle-ci créée par Paul Lopez, un médecin radiologue de Montpellier, a grandi par paliers. Son premier nom, en 1994, était Dubois Karting, en souvenir d’André Dubois. « On avait monté une team ensemble, car nos fils étaient devenus fans de kart, raconte Paul Lopez. Ils marchaient super bien en compétition. Mon fils, Fabien, est devenu vice-champion de France en 1997, et son fils, Jean-Marc, a été sacré champion de France en 1995. Mais André n’a pas eu le temps de le voir… »

De 3 000 à 10 000 €
Alors, quand la mairie de Ganges, en bisbille avec -l’association qui gère le circuit de Ganges, décide de le vendre ; Paul Lopez saute sur l’occasion. « Je ne pouvais pas faire autrement, confie-t-il sibyllin. C’est ici qu’avait été sacré Jean-Marc en 1995… » Nous sommes alors en 2001. Entre-temps, Dubois Karting est devenu Nowa Kart après le rachat d’Europa Karting. La firme montpelliéraine s’est taillé une solide réputation avec ses châssis et a de quoi damner le pion aux grandes marques italiennes. Jantes, gripsters, freins, colonnes de direction, train avant, etc. : tout est dessiné ici avant d’être soudé à Tours. Le secret de fabrication ? « C’est assez subtil et beaucoup plus compliqué que pour une voiture, assure le constructeur. Car les karts sont dépourvus de suspension et de différentiel. » Dans la conception du châssis, tout doit donc être fait pour faciliter les virages puissants sans que la machine se retourne. Cela tient à l’élasticité du tube, au réglage des pressions, à la raideur du châssis, à la largeur des voies ou encore à la position du braquet. En fonction des catégories, le prix peut ainsi varier de 3 000 à 10 000 €.

Merchandising...
Outre son activité de constructeur, Nowa Kart peut également s’enorgueillir du palmarès de ses coureurs qui trustent régulièrement les premières places du podium. Chaque année, l’un d’eux est champion ou vice-champion de France dans la quinzaine de catégories existantes pour ce sport. Il y a notamment l’Héraultais Enzo Guibert, l’un des tout meilleurs français actuellement. Récemment, lors des 24 heures du Mans, l’équipe Nowa Kart, menée par Cyril Mallet, a d’ailleurs fini dans le Top 10. Depuis peu, le constructeur a décidé de se frotter au niveau international. Bon début : Dan Smith a fini 2e du Grand Prix de Varennes-sur-Allier, en Auvergne. Pour vivre et dégager 1 M€ de chiffre d’affaires, Nowa Kart ne compte pas sur seulement sur la compétition, loin de là. « La course demande beaucoup de travail, mais c’est ingrat et aléatoire », raconte Fabien Lopez, ingénieur automobile qui a rejoint son père après un master international et des stages chez BMW et Dyneff. L’accent est donc davantage mis sur le magasin de pièces détachées et la vente par correspondance de baquets, réservoirs, carburateurs, pneus et tout autre élément d’un kart.

...et tourisme
La famille nourrit, en parallèle, un projet très ambitieux pour se diversifier : la création d’une résidence de tourisme à proximité du circuit. L’endroit, dans l’arrière-pays héraultais, est des plus bucoliques. De petites maisons commencent à sortir de terre. Elles devraient être livrées au printemps ou à l’automne 2010. Le but est de pouvoir accueillir des séminaires, des groupes et des touristes sur une plus longue période en leur proposant du karting, mais aussi du mini-golf, du roller ou encore de l’aquagym. Coût total de l’investissement : plus d’un million d’euros.

Pour en savoir plus : www.cpckart.com

Gwenaëlle Guerlavais

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