Pour le professeur Jacques Bringer, Doyen de la Faculté de Médecine, celle-ci est à un carrefour de son histoire. L’enjeu de la nouvelle Faculté, qui sera construite près du CHRU, réside dans la capacité à faire en sorte que la plus ancienne Faculté de Médecine du monde en exercice devienne, demain, la plus moderne !
Un enjeu que le Doyen a relevé avec un projet très ambitieux, qui va se solder (à l’horizon 2013) par le transfert des locaux historiques du centre-ville montpelliérain vers le nouveau bâtiment high-tech construit à côté du CHU Arnaud de Villeneuve : « Nous avons saisi une opportunité historique avec ce projet. Nous allons créer la Faculté de Médecine de demain, capable de s’imposer au niveau international : ce projet permettra à Montpellier de se positionner pour des dizaines d’années », explique Jacques Bringer, le spécialiste des maladies endocriniennes dont l’ambition est partagée par l’UM1 et son président, Philippe Augé, mais aussi par les collectivités locales.
Le futur bâtiment a été conçu pour permettre la pratique d’un nouvel enseignement, adapté aux évolutions de la médecine :« Le monde change, la médecine aussi : la formation médicale doit donc aussi changer », prévient le Doyen :« Les futurs praticiens doivent désormais apprendre des métiers à la fois plus standardisés et plus sécurisés ». Concrètement, l’accent sera mis demain sur la pratique et l’entraînement aux gestes médicaux, des plus simples aux plus techniques (des piqûres à l’endoscopie par exemple) afin que les futurs praticiens puissent acquérir la sûreté de la gestuelle. Un enseignement innovant et indispensable, estime Jacques Bringer : « Nos étudiants devront s’entraîner, au quotidien, pour maîtriser leurs gestes. C’est une nécessité car les compagnies d’assurances seront intransigeantes. Comme aux USA, elles demanderont aux praticiens de prouver leur maîtrise avant de s’engager ».
Le Doyen confirme ainsi qu’il faut beaucoup de pratique avant de passer sur le malade : « Nos étudiants auront accès à une nouvelle formation technique pour l’acquisition sans stress de cette gestuelle. Pour cela, nous allons créer une grande plate-forme de simulation ».
C’est sur cette plate-forme constituée de salles de pratique et de laboratoires (l’ensemble comprendra aussi un service de chirurgie animale pour l’entraînement à la chirurgie expérimentale et à la micro-chirurgie) que les étudiants apprendront leur métier : « L’autre grand avantage de cette plate-forme sera de permettre aux anesthésistes, réanimateurs et aux chirurgiens de toute l’Europe de venir s’y perfectionner et de se familiariser aux nouvelles techniques. Montpellier se positionnera ainsi en leader européen ! »
Cet outil sera également un lieu privilégié pour découvrir la « nouvelle médecine », reposant sur la télémédecine ou la pratique médicale par transmission d’image : « Aujourd’hui, les cardiaques ou les diabétiques sont surveillés depuis leur domicile. Or, aucune Faculté en Europe ne prépare les étudiants à ces techniques », explique le Doyen : « C’est un secteur sur lequel nous nous positionnerons en proposant par exemple un Master technologies nouvelles en médecine ».
De fait, la future Faculté montpelliéraine évoluera dans un registre qui lui permettra également de s’imposer comme un centre de recherche et d’innovation en TIC Santé : « C’est grâce à l’innovation que l’on va construire la Faculté de Médecine de demain ! Elle sera reliée par fibre optique au CHRU, et nous travaillerons plus efficacement avec la recherche locale, comme le LIRMM par exemple ».
Jacques Bringer est un Doyen comblé, rassuré par la fraîcheur du projet : « La communauté des jeunes médecins et participe très activement à ce projet, et c’est l’une des clés de sa réussite et de sa pertinence. Il fallait que cette génération s’implique dans ce que sera la médecine de demain ». Et puis, il ne faut pas oublier que la Faculté de Médecine locale est la seule en France a être présente sur deux sites : à Montpellier et à Nîmes. Une bipolarité qui donne, selon Jacques Bringer, une dimension supérieure à l’enseignement médical régional avec deux facultés adossées à deux CHU : « Cette situation unique est aussi un atout pour l’avenir », explique le Doyen, qui cite des chiffres : 431 enseignants sur les deux sites (titulaires et contractuels) et plus de 6000 étudiants : « Par rapport à Toulouse ou Marseille, nous n’en serons que plus compétitifs ! »