Généalogiste, un métier pour remonter le temps

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C'est une mission peu commune. À mi-chemin entre l'aventure et l'enquête. Elle prend naissance dans des circonstances bien particulières : lorsqu'une personne décède et que l'on ne sait pas qui sont ses héritiers. Il existe à Montpellier cinq cabinets de ces 'chercheurs d'héritiers'. Pour ces derniers, le généalogiste a parfois des allures de Père Noël. C'est celui qui apporte la bonne nouvelle, une succession inattendue. Si la profession, qui a vu le jour il y a 150 ans dans un contexte très franco-français, n'est pas réglementée - comme peuvent l'être les professions libérales -, elle suit néanmoins un processus immuable. Le généalogiste est d'abord mandaté par « quiconque a un intérêt légitime à agir ». Lorsque l'héritier est retrouvé, il engage alors avec lui, s'il le souhaite, un contrat dit de révélation. La nature de l'héritage ne sera véritablement révélée que lorsque tous les héritiers auront été identifiés. Et ce qui fait le piment de ce métier peu connu, c'est la manière dont les héritiers sont retrouvés. Tous les moyens sont bons : état civil, archives civiles, églises, paroisses, cimetières, etc. Bref, cela ressemble un peu à l'enquête de police. Sauf que cet enquêteur-là apporte toujours la bonne nouvelle : un héritage et tous les fantasmes qui l'accompagnent.
La présence, en Languedoc, de nombreux pieds-noirs, de personnes d'origines espagnoles ou italiennes, constitue un fonds de commerce précieux. Mais il n'est pas le seul. Montpellier et sa région étant terre d'immigration, les recherches élargies deviennent de plus en plus incontournables lors de successions ou d'indivisions. Le généalogiste fait alors jouer ses deux atouts : passion et opiniâtreté.

KARIM MAOUDJ