Énergies renouvelables - Les dernières tendances

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Plus de 30 000 visiteurs sont attendus à Energaïa, en décembre. En trois éditions, le Salon international des énergies renouvelables de Montpellier est devenu l’incontournable rendez-vous de toute la filière. L’événement business se veut précurseur et présentera les dernières solutions et innovations du marché. Tour d’horizon.

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Photo : C. Testanier – ENJOY Montpellier

Les stars de cette nouvelle édition ne changeront pas vraiment : le solaire, le bois et l’intégration des énergies renouvelables dans le bâtiment. « Mais on fera aussi un focus sur les pays méditerranéens, qui sont très en avance sur les énergies renouvelables », précise d’emblée le commissaire général d’Energaïa, Guy Haddad. Malgré les derniers soubresauts de la loi sur le tarif d’achat, le solaire photovoltaïque reste l’un des chouchous de 2010. Les projets, même si leur business plan pourrait être rectifié, continuent de fleurir, comme la plus grande ferme photovoltaïque de France qui devrait être installée à Beaucaire (30) par EDF Énergies Nouvelles. La Région, qui est celle qui investit le plus en France, a aussi lancé un programme de 400 M€ dédiés au développement du photovoltaïque. Reste deux défis, de taille, à relever : arriver à produire les panneaux en Europe, et surtout en France, pour contrer l’emprise chinoise, et améliorer leurs performances. « L’évolution des équipements est très rapide et les prix diminuent, souligne André Joffre, le président du pôle de compétitivité Derbi spécialisé dans les EnR. Alors, même si le prix d’achat de l’électricité baisse, on va retrouver une rentabilité intéressante. »

Réseaux intelligents
Les innovations s’attachent à l’accroissement de la productivité, à l’esthétisme et à l’intégration dans le bâtiment, mais aussi à la question des réseaux intelligents, indispensables demain pour intégrer une production d’électricité issue des énergies renouvelables plus importante. « La région offre une belle convergence d’entreprise et d’universités aptes à répondre à cet enjeu technologique », assure André Joffre. L’autre volet prometteur du solaire, c’est le thermodynamique à concentration. Le pôle Derbi s’est déjà positionné. À Perpignan, on travaille à la création de l’institut Thémisol, future référence européenne dans le solaire thermique et thermodynamique. Et, la reconversion du site de la centrale solaire Thémis à Targassonne (66) fera d’elle une plate-forme d’expérimentation multi-technologies, avec des projets comme Pégase (production d’électricité par turbine à gaz et énergie solaire) et Censol PV (photovoltaïque à faible concentration avec héliostats nouvelle génération). Quant au bois, les chaufferies ont vocation à se développer à grande échelle dans l’industrie, les collectivités et les copropriétés. Cette technologie, bien installée, fait désormais l’objet de recherches pour produire du froid, tandis que les climatisations solaires photovoltaïques ont d’ores et déjà fait de grandes avancées. Le Grenelle II et l’avènement du label Bâtiment Basse
Consommation (BBC) mettent l’écoconstruction au coeur de toutes les préoccupations, et le bois figure en bonne place parmi les matériaux répondant aux exigences de performances.

Le marché de la micro-algue
La maison bois s’implante. « Le design se fait de plus en plus contemporain et la maison modulaire et évolutive dans le temps est en plein essor », souligne Anne-Lise Surjus, chargée de mission à l’Association des professionnels de la forêt et du bois en Languedoc-Roussillon (Arfobois). Petit à petit, ce concept investit même le domaine des logements collectifs et sociaux. Côté biocarburants, la filière, porteuse d’avenir, est celle de la micro-algue. De gros moyens sont mobilisés sur la recherche partout dans le monde. « En Languedoc-Roussillon, nous faisons le pari de nous positionner sur cette thématique via le pôle Trimatec, qui fédère les actions », explique Aurélie Beauchard, conseillère technologique à Transferts LR. Dans le giron de l’action collective Algasud, Salinalgue et Symbiose, deux projets de recherche pour faire sauter les verrous technologiques.

La mutation de l’éolien
Dernière EnR : l’éolien. Le Languedoc-Roussillon compte 400 MW de puissance installée en grand éolien. Le secteur vit une mutation dont l’origine viendra du Grenelle II et des nouvelles obligations sur les prochaines installations. Les avancées technologiques portent sur la puissance des éoliennes. « Avec le Pôle Derbi, nous travaillons sur la maintenance prédictive, sur la prédiction de production et sur le stockage de l’électricité produite », précise Dominique Moniot, directeur du développement éolien terrestre à la Compagnie du Vent, l’un des leaders, installé à Montpellier. Le petit éolien, pour sa part, se développe progressivement. En septembre dernier s’est créée à Narbonne l’Association française des professionnels du petit éolien. Un signe que le secteur s’organise en vue d’une croissance à maîtriser. Quant à l’éolien offshore, l’État devrait lancer très prochainement un appel d’offres national. Le Languedoc-Roussillon sera candidat. Restera alors à vaincre, et à convaincre, les nombreux opposants.