Le vélo est en train de regagner en ville la place qu'il avait avant l'ère prospère de la toute puissante automobile. Toutes les grandes métropoles ont aujourd'hui leur système de vélostation, permettant à tout à chacun de disposer d'un vélo en toute liberté pour aller travailler ou juste faire une course. Dans la foulée, de plus en plus de cyclistes s'y sont remis, succombant aux charmes de la petite reine qui s'offre aujourd'hui de nouvelles robes avec la mode des Beach cruiser. En selle...
Ils ont réussi. Ils ne sont pas encore assez nombreux, mais l'influx est parti. Lâcher le volant ! Le défi semblait de taille, pourtant ils sont de plus en plus nombreux à délaisser leur fidèle " titine " pour leur nouveau biclou. Préoccupation écologiste, souci environnemental, flambée du baril de pétrole, mouvement bobo, tous les chemins mènent au vélo. Face au spectre de la pollution, aux multiples embouteillages et au manque de places de stationnement, les villes se devaient de montrer l'exemple en proposant une alternative à la voiture pour favoriser les déplacements doux. Ce vocable regroupe l'ensemble des modes de transport " propre ", tramway, roller, vélo...
Comme bien souvent en matière de développement durable, l'exemple est venu du Nord. En 2005, le succès des stations Vélo V' du Grand Lyon est contagieux. Si le système existe depuis 1998 à Rennes, c'est avec Decaux, le spécialiste du mobilier urbain, qui trouve là un nouveau métier à ajouter sur ses cartes de visite et surtout de nombreux espaces publicitaires, qu'il prend une nouvelle dimension. Toutes les grandes villes se mettent dans sa roue. Le marché des stations de vélo se partage essentiellement entre les afficheurs. Paris veut les siens (ce sera le vélib'), puis de nombreuses autres villes. Montpellier, Marseille, Toulouse, Nantes, Grenoble et même des villes moyennes comme Narbonne. La ville de Montpellier, elle, a trouvé une solution indépendante de tout contrat publicitaire (Vélomagg). À chaque fois c'est un véritable engouement. Même les entreprises montrent l'exemple. Les frais sont remboursés pour les agents de la ville de Paris et Louis Vuitton a été la première entreprise française à offrir à ses collaborateurs l'abonnement vélib'.
Vélo en liberté
En octobre 2007, le lancement à Marseille est un vrai succès avec 80 stations et 750 vélos. 9450 locations sont enregistrées les trois premiers jours. À Montpellier, Vélomagg est inauguré en juin 2007 avec 300 vélos répartis sur 17 stations. En 2008, la capitale régionale passe à 1000 vélos pour 50 stations, avec deux possibilités de locations, courtes (pour un déplacement ponctuel d'un point à un autre) et longues (sur un mois ou plus). Les premiers clients des vélostations sont des étudiants qui renouent ainsi avec un moyen de transport de tout temps plébiscité par les jeunes mais, au fil des mois, tout le monde s'y met, reprenant goût au vélo. Lâcher des centaines de vélos dans les rues d'une ville n'est pas sans poser de nouveaux problèmes de circulation.

Pédalez, y'a tout à voir
Pour que l'expérience fonctionne, il faut que la démarche s'inscrive dans une réelle politique, qui repense la place de la voiture dans la ville. Côté réseau, il faut aussi qu'un véritable plan de circulation soit mis en place. Trop souvent, en effet, les cyclistes assidus se plaignent du manque de liaison entre les réseaux cyclables, de parcours mal sécurisés et de carrefours dangereux devenus autant de points noirs sur leur trajet. Surtout, l'automobiliste doit intégrer cette nouvelle donne et apprendre que le bipède sur deux roues mérite autant de respect que le bipède sur quatre.
Toute une culture s'est mis en place pour favoriser l'usage et l'image du vélo. Ainsi, la ville de Marseille montre résolument l'exemple avec " Tranquille, le guide du vélo à Marseille ", une initiative du collectif " Vélo en ville " qui fait le tour, et le point, sur la question du bien pédaler sur la Canebière et ailleurs. Consultable en ligne, on y trouve une foule d'infos pratiques et des conseils sur les bienfaits du vélo, l'équipement, la réglementation et quelques trucs locaux. Dans de nombreuses villes, associations et collectifs se sont également mis en place, collant bien à l'idée communautaire du mouvement. Ils proposent une foule de services allant de l'école de conduite aux conseils d'entretien en passant par les règles de sécurité et l'atelier de marquage pour lutter contre le vol...
Site Internet : www.tranquille-leguide.org
Texte : Caroline Lemaitre