Elan Développement, une approche transversale des territoires

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Le développement durable est un tout, qui nécessite la prise en compte de la mixité sociale, du renouvellement urbain, des transports doux ou encore du patrimoine. Florence Bénéteau l’a bien compris en créant Elan Développement, un cabinet d’études et de conseils implanté à Prades-le-Lez, au nord de Montpellier, qui accompagne les projets des collectivités dans une nouvelle logique d’intelligence économique.

Agrégée d’économie, c’est pourtant dans l’entreprise régionale de travaux publics Bec Frères que Florence Bénéteau démarre sa vie professionnelle. Elle y restera dix ans au cours desquels elle a pour mission d’encadrer de gros projets d’infrastructures, en France et à l’étranger. « L’entreprise avait déjà une démarche innovante en intégrant les travaux dans leur dimension économique, environnementale et juridique », se souvient la jeune femme qui, de fil en aiguille, va se former aux métiers de l’aménagement et mettre à profit les nouveaux besoins d’assistance à maîtrise d’ouvrage, nés de la décentralisation, pour créer son propre cabinet d’études en 2003. Ses premiers marchés conséquents, elle les conclut avec la RATP et Réseau Ferré de France (RFF).

Faire parler l’existant

Au niveau régional, c’est à la demande du Sivom du Pic Saint-Loup que son entreprise signe sa toute première réalisation portant sur l’aménagement de l’éco-parc Bel Air à Vailhauquès (34). « Un projet important que nous avons mené de l’étude de faisabilité à la commercialisation avec des résultats probants pour la collectivité », se félicite la directrice. Depuis, Élan Développement multiplie les contrats en Languedoc-Roussillon, mais aussi en PACA, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées ou Île-de-France. Avec, que ce soit pour le développement de sites d’activités économiques, touristiques ou des projets d’aménagement de pôles de vie, une approche transversale qui lui fait prendre en compte la mixité, la mutualité, le renouvellement urbain, la mobilité douce, le patrimoine. « Plutôt que de rêver à ce qu’on pourrait être ou accueillir, on choisit systématiquement de faire parler l’existant pour dessiner durablement l’avenir. On cherche à transformer les faiblesses des territoires en forces », confie Florence Bénéteau. Une démarche qui implique d’agréger de nombreuses compétences, ce qui l’a conduite à scinder son entreprise en 4 pôles, tous très spécialisés mais non cloisonnés : Développement économique & Infrastructures, Tourisme-culture-loisirs, Conduite des opérations, Territoires & Gouvernance. Aujourd’hui reconnu comme un acteur majeur, Élan Développement collabore étroitement avec d’éminents spécialistes, dont de nombreux universitaires et experts en urbanisme, sociologie, environnement, déchets, énergie, déplacement, écologie industrielle.

Un fonds de dotation

Réunir une telle plate-forme de compétences offre à l’entreprise héraultaise l’opportunité de mettre sur pied deux réseaux : ProjeTerre pour accompagner les structures territoriales en matière de développement durable autour d’une équipe pluridisciplinaire et VitiNature, pour explorer les voies du développement durable des territoires viticoles ou ruraux. « Le réseau ProjeTerre vient d’ailleurs d’être porté sur les fonts baptismaux au Maroc où les collectivités, avec la mise en place de la décentralisation, sont en train d’émerger. C’est pour nous l’occasion de faire profiter ce partenaire clé du Languedoc-Roussillon de nos expériences », poursuit Florence Bénéteau qui veut créer un fonds de dotation dédié à l’aménagement du territoire et au développement durable, abondé par le public et le privé. Histoire de combler le retard de la France par rapport à l’Allemagne ou à l’Angleterre qui disposent d’une vraie force de frappe. Quant au deuxième réseau, il devrait servir à la mise en économie durable des territoires viticoles français avec la naissance de 4 à 5 projets oenotouristiques dont 2 en région. « Mon objectif est de gérer la croissance par le biais de partenariats intelligents pour éviter de trop grossir, conclut-elle. Je veux garder mon indépendance. »  

Marie-Claire Pit