Eco-quartier, Béziers se donne un nouveau visage

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Ce qui, à Béziers, constituait une véritable verrue, à savoir ces 11 hectares de friches et de logements insalubres à proximité de la gare et à quelques centaines de mètres seulement des allées Paul-Riquet, fait l’objet d’importants travaux qui, une fois terminés, donneront un tout autre visage à la sous-préfecture héraultaise. La ZAC de l’Hours se change en éco-quartier et c’est tout Béziers qui en sera transformée.

beziers.jpg - © Sebli

Un quartier entièrement pensé et redessiné est en train de sortir de terre au Sud de Béziers. Et c’est la SEBLI, société d’aménagement du Biterrois, qui a eu pour mission à la demande de la mairie, en 2002, de transformer cette zone en déshérence en un nouveau quartier beaucoup plus valorisant pour la ville. « Ces 11 hectares, totalement à l’abandon, donnaient, c’est vrai, une image désastreuse de cette entrée sud qui rejaillissait sur toute la ville », confirme Véronique Noiret, ingénieur à la SEBLI, en charge du chantier. Le choix de cet aménageur a été de combiner de l’immobilier de bureaux, des logements, des commerces et des structures de loisirs afin que ce nouvel ensemble regroupe tous les ingrédients de la programmation urbaine.

Une vaste opération
« C’est une vaste opération que nous avons scindée en plusieurs programmes », explique notre interlocutrice. Premier d’entre eux, un ensemble immobilier comprenant un centre commercial à ciel ouvert de 28 000 m2 traversé par un canal bordé de végétation, Polygone Rive gauche, dont la réalisation a été confiée à la Socri, le gestionnaire du Polygone Montpellier. Dans cet ensemble sont également inclus deux immeubles de bureaux de 8 000 m2 de Shon construits par la SEBLI, l’un côté gare en figure de proue du navire auquel ce programme fait penser, l’autre côté ville, conçu en arche monumentale dévoilant le centre commercial, ainsi que 62 logements réalisés par le promoteur immobilier Piera. Aujourd’hui, ce programme est très avancé puisque les bureaux devraient être livrés en avril 2010 et le reste, c’est-à-dire le centre commercial et les logements, en septembre de la même année. Mais ce quartier Wilson, puisque ce sera son nom une fois qu’il sera terminé, prévoit d’autres îlots actuellement en pré-études, dont une résidence hôtelière de 120 chambres et une résidence seniors complétée de 200 logements pour lesquelles les premiers coups de pioche devraient être donnés avant la fin de l’année prochaine.

Des investissements
À plus long terme, il est également envisagé la construction de 600 logements et celle de la future Cité judiciaire qui regroupera l’ensemble des institutions de justice pour le moment disséminées un peu partout dans Béziers, à savoir le tribunal de grande instance, le conseil des Prud’hommes, le tribunal de commerce… Évidemment, ce vaste chantier porté massivement par le privé et qui, une fois achevé, permettra d’accueillir entre 2 000 et 3 000 habitants et génèrera environ 500 emplois, s’accompagne d’investissements publics conséquents (voir encadré). «Notre mission est d’apporter à ces projets une structuration pour leur permettre de trouver une bonne articulation avec les zones avoisinantes. Cela se traduit par des élargissements de voiries, la réfection de réseaux, la création de ronds-points, autant d’infrastructures destinées à rattacher ce nouveau quartier à la ville dont il est le prolongement vers le Sud », précise Véronique Noiret, laquelle insiste sur l’intérêt d’une telle réalisation qui répond parfaitement à la notion de développement durable que tout aménageur se doit désormais de prendre en compte. « C’était, pour nous, une priorité. Ce nouveau quartier, construit dans une zone en friches, a comme avantage ne pas avoir demandé de foncier supplémentaire. On reconstruit tout simplement en ville avec, pour objectif, de loger près du centre quelque 3 000 personnes. De plus, situé à proximité de la gare et à deux pas du cœur de Béziers, je vous rappelle qu’il ne se trouve qu’à cinq cents mètres à peine des allées Paul-Riquet,  ce quartier va permettre à tous ceux qui y habiteront ou viendront y travailler de limiter leurs déplacements en voiture grâce aux transports en commun. »

Solutions innovantes
Enfin, et c’est à signaler, tous les constructeurs font, pour l’occasion, d’importants efforts en matière d’isolation des bâtiments, même si les nouvelles normes, c’est vrai, les obligent désormais à concevoir différemment. « Chaque promoteur trouve des solutions innovantes pour limiter les déperditions de chaleur et économiser l’énergie », confirme la responsable du chantier qui met également l’accent sur le choix d’intégrer des fontaines et des cascades dans la galerie commerciale sans puiser dans les nappes phréatiques puisque l’eau va circuler en circuit fermé et permettre même d’alimenter des bouches à incendie. Un projet ambitieux est en train de prendre forme pour que Béziers change d’image.
Marie-Claire Pit