Solidarité. Depuis plus de trente ans, une association héraultaise se mobilise pour l’hospitalisation de jeunes malades défavorisés. Ce mois-ci, elle lance un appel à la générosité.
Une vraie caverne d’Ali Baba. A Saint-Jean de Védas, dans les locaux* de l’association « Espoir pour un enfant Hérault », les étagères débordent d’objets divers, du jeu de société aux vêtements hommes, femmes et enfants, de la bicyclette aux chaussures de ski, des petits meubles aux appareils électroménagers. Patiemment récoltés par les bénévoles puis soigneusement réparés et scrupuleusement classés par catégorie, ces trésors seront bientôt vendus dans les braderies des villages alentours. Une d’elle se déroule jusqu’à demain à la salle des Granges de Saint-Jean de Védas, la prochaine aura lieu à la salle polyvalente de Gigean, les 24 et 25 avril.
Des rendez-vous incontournables pour les petites mains de l’association, car ils représentent la principale source de financement de la structure. Chaque année, les braderies rapportent 100 000 euros à Espoir pour un enfant Hérault. Une trésorerie complétée par le montant des adhésions, la vente d’un bulletin trimestriel et des opérations ponctuelles à l’occasion de la fête de l’huître de Bouzigues ou de la foire aux ânes de Gigean. En tout, 300 000 euros sont consacrés chaque année aux enfants en détresse à travers le monde. Et près de la moitié, uniquement pour l'hospitalisation de jeunes africains inopérables dans leur pays d’origine. Cette mission, Espoir pour un enfant Hérault, est la seule de son réseau à la mener à bien.
Chaque année, des enfants défavorisés originaires du Mali, du Burkina Faso ou des Comores principalement, débarquent à Montpellier pour bénéficier de soins vitaux et définitifs. Sur la liste des pathologies les plus couramment prises en charge : des becs de lièvres, des pieds bots, des problèmes cardiaques ou des besoins de prothèses de hanche. Hébergés et nourris par des familles d’accueil bénévoles (voir ci-contre), ils restent ici entre trois et six mois, juste le temps de se faire opérer et surtout pas celui de trop s’attacher ou d’oublier sa famille et son pays d’origine. L’hospitalisation, au CHU ou dans des cliniques, ainsi que les soins post-opératoires (médicaments et séances de kiné, par exemple) sont entièrement pris en charge par l’association.
Une mission qui demande une organisation titanesque. Derrière ces lunettes rondes, Béatrice Desplanque réfléchit à toute allure et parle tout aussi vite. L’urgence, les décisions à prendre pour hier, elle connaît bien. Cette retraitée de l’action sociale est bénévole de l’association depuis plus de 30 ans. Petit à petit, elle est devenue la responsable des hospitalisations. C’est elle qui recueille les dossiers des enfants auprès des correspondants sur place en Afrique, puis démarche les chirurgiens pour obtenir un avis médical favorable. Si c’est le cas, elle entame les démarches pour décrocher une autorisation d’entrée sur le territoire français, réserve les billets d’avion, part en quête d’une famille d’accueil, cherche à diminuer les coûts de l’opération.
Ici, tout repose sur la solidarité : si le prix d’une hospitalisation au CHU est incompressible (1 600 euros par jour), certains chirurgiens de cliniques acceptent d’opérer gratuitement. De la même façon, pour la rééducation, des kinés offrent parfois leurs services gracieusement et Air France accorde chaque année le remboursement d’un billet. De petits gestes en grandes avancées, Béatrice réussit ainsi à faire venir 50 enfants par an. Un travail de tous les instants, mais qu’elle n’abandonnerait pour rien au monde.
Marine Desseigne
y *7 ter, rue Fon de l’Hospital
04 67 27 66 75
Béatrice Desplanque, la responsable des hospitalisations de l’association Espoir pour un enfant Hérault, lance un appel à la solidarité auprès de familles susceptibles d’accueillir un jeune malade au mois de mai.
David Maugendre