Café-théâtre : la crise de rire

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gazette-kawa.jpg - © G. Bonnefont
Le Kawa attend 50 000 spectateurs en 2010.
Est-ce la crise ? Le rire est plébiscité par le public montpelliérain : 100 000 personnes fréquentent les quatre cafés-théâtres de Montpellier.

Cent mille spectateurs au café-théâtre. C'est beaucoup. C'est le double des Treize Vents, le Centre dramatique national (58 000 spectateurs). Trente ans après l'ouverture d'une première salle, le Mélo d'Amélie, rue Sainte-Ursule, le café-théâtre, à l'origine théâtre pauvre inventé dans les années 60 à Paris, a prospéré dans l'ombre de la culture subventionnée. Christian Dob, le patron du genre à Montpellier, s'acharne à dénoncer cet état de fait dans ses pièces: "Nous ne sommes pas assez culturels !", grince-t-il.
Sans prise de tête
À l'écart de toute "bien-pensance", le café-théâtre a trouvé son public. Tous les directeurs de salle nous l'ont dit : le public, qui apprécie d'y être accueilli chaleureusement, est très divers, très large. Il vient pour rire, sans prise de tête, même un peu grassement. Même si on n'y recule devant aucun éventuel mauvais goût. À l'affiche du Grand Mélo, Coup de blues à l'hôpital (1) est un festival de gros mots et d'allusions osées (notamment sur un certain rapport entre une banane et un homosexuel) qui a fait dire à un professionnel parisien qu'une telle pièce ne tiendrait pas une semaine à l'affiche à Paris.
La crise dope le rire. C'est, en tout cas, l'analyse faite au Kawa, leader incontesté du secteur avec 50000 spectateurs attendus en 2010, qui a probablement porté un coup aux deux cafés-théâtres historiques que sont Le Grand Mélo, excentré au Crès, et La Cicrane, café-théâtre de poche de l'Écusson.
Preuve enfin de la vitalité du café-théâtre montpelliérain, un nouveau lieu s'est ouvert : La Chocolaterie. Son initiateur, Christian Fabrice, appartient à une lignée prestigieuse. Sa mère, Sotha, a été la reine du Café de la Gare, mythique café-théâtre parisien, et la compagne de Romain Bouteille et de Patrick Dewaere. La boucle est bouclée.
Lucile Pinault et Valérie Hernandez
(1) Jusqu'au 17 avril.

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