« C'est une atteinte à la démocratie parlementaire », selon Kléber Mesquida

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Mercredi 6 Juillet 2016

Réactions I Les députés de la région très critiques. À une exception près.

Kléber Mesquida, député PS et président du Conseil départemental de l'Hérault, est vent debout contre l'initiative rééditée du 49-3. « Je l'ai toujours été, sous des gouvernements de gauche comme de droite. Je souhaite le voir disparaître. » Il juge « violent » le procédé : « C'est une atteinte à la démocratie parlementaire, une censure, un diktat. Chaque représentant a un pouvoir d'expression qui n'est pas lié à un scrutin de liste, qui naît d'une légitimité personnelle. » Kléber Mesquida souhaite que les décrets d'application viennent nuancer la loi.

« D'ici la, j'espère un changement de gouvernement, pour que le nouveau soit sur une ligne de dialogue et de liberté du parlement de légiférer. » Christian Assaf, autre député PS héraultais, « regrette » lui aussi, « comme en première lecture, cette utilisation de la Constitution». Selon lui, « le 49-3 est une brutalité qui nie le rôle du Parlement et. qui jette un voile sur les nombreuses propositions qu'ont faites les députés pour améliorer cette loi ». Pour le député aveyronnais Les Républicains Arnaud Viala, ce nouveau 49-3 illustre « la faillite de la démocratie », parce que « les représentants du peuple n'ont pas été considérés » et que le gouvernement « a aggravé les vieux clivages entre salariés, patrons et syndicats, a durci la capacité de la société française à accapter des reformes vitales et à dialoguer ». À ses yeux, « les dés étaient pipés dès le départ. Le gouvernement a agité le chiffon rouge d'un texte qui n'a jamais été présenté à l'Assemblée nationale Et tout ça, estime-t-il, pour un 49-3 finalement utilisé par le gouvernement deux fois contre son camp, puisque l'opposition sur le texte était à gauche ». La députée héraultaise Anne-Yvonne Le Dain a en revanche applaudi « la décision de Manuel Valls de recourir au 49-3 », qu'elle qualifie de « courageuse ». Estimant qu'il était « historique d'avoir osé proposer une refonte prou ante du droit du travail ».

Recueilli par ARNAUD BOUCOMONT

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