Balea met de l’intelligence dans le pesage

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Depuis sa création en 1987 à Saint-Mathieu-de-Tréviers, au nord de Montpellier, la société Balea multiplie les innovations. Spécialisée dans la conception et la commercialisation de produits destinés au pesage embarqué, elle sort régulièrement des nouveautés qui permettent à ses clients de gagner en efficacité. L’une de ses dernières inventions lui a valu d’être lauréate du Trophée INPI* de l’Innovation 2008.

Balea intervient sur des marchés de niche. Sa priorité a donc été, depuis toujours, de jouer les précurseurs pour garder une longueur d’avance sur ses principaux concurrents. Ainsi, dès sa mise en route par deux professionnels du pesage, le couple Breugnot-Fabre, l’entreprise a tout de suite innové en sortant en 1989, le tout premier transpalette peseur pour lequel elle a obtenu la première homologation Classe III au niveau européen. « C’est aujourd’hui notre produit le plus concurrencé », fait remarquer la P-DG, Claire Breugnot-Fabre, qui assume seule la gestion de la société suite au décès de son mari. Mais Balea ne s’est pas reposée sur cette seule innovation. Depuis, beaucoup d’autres ont suivi puisque pas moins de 15 brevets et 19 marques ont été déposés.

Des projets pertinents
« Cinq dossiers ont bénéficié d’une aide financière d’Oséo. Toutes ont été remboursées, ce qui prouve la pertinence des projets », ajoute Mme Breugnot-Fabre, satisfaite d’avoir su répondre aux différentes problématiques soulevées par ses clients nationaux et internationaux tels L’Oréal, Fenwick, Liko, DHL, Tryba, Moët et Chandon, Mumm, Pomona, SKF, Vitembal, Procter & Gamble… auxquels s’ajoutent des clients régionaux comme les négociants en vins Listel, Skalli, Jeanjean ou Les Vignerons de la Méditerranée. Car Balea intervient dans tous les métiers. Ses solutions autorisent le pesage sur manutention, dans les process logistiques, sur ligne de convoyage, mais aussi le pesage médical ainsi que le pesage animal sous licence INRA. « On récupère les produits et on les transforme en interne en y mettant de l’intelligence », explique Vassili Cosmas, responsable marketing et gestion de projets. L’existant fait bien évidemment l’objet d’une mise à niveau permanente avec un nouveau design et de nouvelles technologies. Mais des produits totalement innovants sont déjà prêts à être lancés comme l’indicateur Teo, équipé des modules WiFi, Bluetooth et USB, capable de communiquer vers l’extérieur de manière totalement intégrée. « On est les seuls à l’avoir fait », souligne M. Cosmas qui met également l’accent sur le système Vigil : « Il apporte une indication visuelle et sonore du dépassement de capacité de levage et a son pendant pour le transport afin de vérifier le poids en remorque. » Dernière innovation bientôt mise sur le marché, le système VGP formé de quatre petits plateaux reliés à un central pour donner le poids de n’importe quel objet. C’est pour répondre à la demande d’un de ses principaux clients, L’Oréal, dont la préparation des commandes est assez complexe, que Balea a mis au point le shopeur. Ce chariot multi-commandes dispose d’un ordinateur embarqué, de trois balances qui pèsent en permanence les colis, d’un lecteur de codes à barres intégré et du WiFi pour une liaison en temps réel avec les logiciels de gestion de l’entrepôt. « Issu d’une étude ergonomique très poussée, le shopeur a été pensé pour que les efforts de chaque préparateur soient minimisés », précise Vassili Cosmas. Un tel produit, fabriqué à 100% par Balea, permet de réduire par cinq les erreurs de préparation de commandes et d’augmenter d’environ 20% la productivité.

Pas de concurrent direct
« Sa force est son adaptabilité par rapport à un mode de préparation entièrement automatisé. Il permet le traitement de la même commande en frontal sur plusieurs chariots ou, au contraire, la préparation de 6 commandes différentes pour 6 clients en un seul passage. » C’est ce produit qui a permis à Balea d’être lauréat du Trophée INPI de l’Innovation décerné le 14 novembre dernier. Il s’inscrit dans un ensemble, Solea, qui regroupe les logiciels et le matériel destinés à intervenir au sein d’un entrepôt, d’abord pour préparer les commandes avec le shopeur, puis pour récupérer les palettes, grâce au  chariot pickeur qui indique lesquelles prendre, éventuellement quelles sont les erreurs, s’il y en a, enfin pour assurer le réapprovisionnement à l’aide du fileur. « Être en mesure de mixer pesage et logiciels fait que nous n’avons pas de concurrents directs », ajoute Mme Breugnot-Fabre. Une situation qui permet à Balea de trouver des marchés aussi bien en France qu’à l’étranger où cette entreprise réalise environ 32% de son chiffre d’affaires qui a atteint les 3 M€ en 2008.

Marie-Claire Pit