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Violences familiales

LA PAROLE QUI LIBÈRE

Une plateforme d’écoute pour l’Hérault  (Centre Elisabeth Bouissonnade, Montpellier) 04 67 58 07 03.

Des travailleurs sociaux sont spécifiquement formés pour accompagner les victimes de violences familiales. Leur mission répond à la volonté du Département d'être au plus près des Héraultais dans des moments compliqués.

Estelle Karchen est intervenante sociale sur le secteur ouest héraultais de la gendarmerie couvrant Lodève, Pézenas et Béziers. Dans les situations de violences familiales, qu'elles soient conjugale, sur mineur ou sur ascendant, elle est chargée d'évaluer le degré d’insécurité auquel sont confrontées les victimes. « Je suis là pour offrir une écoute spécifique à des personnes qui me dévoilent les violences qu’elles vivent au quotidien », explique-t-elle. « Tout se fait sur la base de leur consentement et dans un cadre strictement confidentiel », précise cette intervenante qui les accompagne jusqu'à ce qu'elles soient en sécurité, elles et leurs enfants. « Je les aide à reprendre confiance en elle mais également  à obtenir des droits, des ressources et un hébergement si nécessaire. Je travaille beaucoup avec les Maisons départementales de la solidarité, indique Estelle Karchen. L’objectif de mon travail, c’est qu’elles retrouvent sécurité, apaisement et liberté ».

Dans l'Hérault, 5 Intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie écoutent, conseillent et orientent les victimes de violences intrafamiliales. Ils sont à l'œuvre dans les commissariats de Béziers, Montpellier et Sète et également dans les brigades de gendarmerie des secteurs est et ouest du département. « Nous sommes l'interface entre les forces de l’ordre, la justice, les services sociaux, les services de santé et le public », note Estelle Karchen. Ces travailleurs sociaux sont aussi chargés d'informer les victimes sur leur possibilité de saisir la justice, comme engager une procédure pénale ou civile après un dépôt de plainte, par exemple, ou encore de les mettre en contact avec des associations d’aide aux victimes.

COMMENT CONTACTER LES INTERVENANTES SOCIALES ? 

 

Une plateforme d’écoute pour l’Hérault  (Centre Elisabeth Bouissonnade. Montpellier) 04 67 58 07 03

le lundi de 9h à 13h et du mardi au vendredi, de 12h à 17h (prix d’un appel local), appel anonyme.

 

Groupement de gendarmerie secteur OUEST, 06 12 39 62 70

Groupement de gendarmerie secteur EST, 06 21 32 01 81

Commissariat de Sète, 06 83 78 34 29

Commissariat de Montpellier, 06 74 94 49 73

Commissariat de Béziers, 06 68 77 71 68

« Pour venir en aide aux victimes de violences, un véritable parcours est mis en place par les agents du Département et l’ensemble des partenaires : Etat, Procureur, CAF, monde associatif, police et gendarmerie, services sociaux ... De la prévention à l’accompagnement en passant par la mise à l’abri si nécessaire, une mobilisation globale répond de façon adaptée et sur mesure à chaque situation. » 

Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités à la personne

FUIR POUR SE RECONSTRUIRE


Une fois la famille entendue et mise en sécurité, les liens se retissent.

La résidence Madeleine Delbrel accueille des mères isolées avec enfants de moins de trois ans. Ce foyer d’hébergement d’urgence géré par l’association L’Avitarelle, à Montpellier, dispose de 55 places. 10 sont financées par le Département.

L’entrée est discrète mais étroitement surveillée. « Les mères et enfants accueillis temporairement à la résidence nous sont envoyées par les travailleurs sociaux du Département », explique Elisabeth Nice-Pointis, directrice adjointe. « ce sont des personnes qui se retrouvent à la rue après des parcours de vie chaotiques, des violences ou des drames familiaux. Des situations d’urgence auxquelles se greffent parfois des inquiétudes sur de la relation mère-enfant. »

Au sein de la résidence, mères et enfants bénéficient d’un temps de pause salutaire de trois semaines, dans un environnement qui les sécurise. Le temps d’évaluer les besoins de la famille et de l’orienter vers un accompagnement social et professionnel ou sur un dispositif de protection de l’enfance.

L’équipe de la résidence Delbrel prend le relais, après un premier entretien avec l’assistant social de secteur. Pour Marion Vérin, éducatrice de jeunes enfants, l’objectif est de créer un climat de confiance avec les mamans et de dédramatiser le processus d’évaluation. « La plupart du temps, la relation mère-enfants a été fragilisée par les accidents de la vie, la violence ou la précarité. Nous proposons des temps d’écoute et nous prodiguons des conseils sur l’hygiène, la sécurité et la parentalité. La plupart des mères s’en emparent. D’autres non. Mais dans tous les cas, des portes de sortie existent. »

BRISER LE SILENCE

Vous êtes victime ou témoin de violences familiales ? Appelez le 39 19 ou n’importe quel commissariat ou gendarmerie.

En cas de départ du domicile la nuit ou en week-end, la famille est mise à l’abri par le SAMU ou le 115, avant d’être orientée dès le lendemain vers une structure spécialisée, centres d’hébergement Delbrel ou Bouissonnade, ou association Via Voltaire…

 

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, UN CONSTAT LOURD

Les violences faites aux femmes prennent la forme de violences physiques, psychologiques, économiques, administratives, verbales, et peuvent se produire ponctuellement ou sur des périodes très longues. Parmis elles les violences au sein du couple restent un problème de société majeur qui touche toutes les catégories sociales et toutes les cultures. Elles sont définies par la loi comme des situations où les faits de violences sont récurrents, s’aggravent, s’accélèrent (phénomène de “la spirale”) et s’inscrivent dans un rapport de force dominant/dominé. L’auteur domine et prend le pouvoir, contrôle et détruit sa victime par ses propos et ses comportements. La victime vit dans un climat de peur et de tension permanent, provoquant en plus des séquelles physiques, des dégâts psychologiques importants : perte de l’estime de soi et de l’autonomie, culpabilité, isolement…

 

  • En 2016, 123 femmes ont été tuées en France (un décès tous les 2,7 jours) par leur conjoint et/ou ex-conjoint ou leur partenaire non-officiel (petit ami, amant, relation épisodique…). 25 enfants mineurs ont été tués par un de leurs parents dans le cadre de violences au sein du couple.
  • On estime qu’en moyenne chaque année en France, 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales dans ses formes les plus graves (violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint). Parmi elles, 19 % déclarent avoir déposé une plainte à la gendarmerie ou au commissariat de police suite à ces violences. 
  • 1 jeune fille sur 5 en France a été insultée en ligne sur son apparence physique et 1 sur 6 a été confrontée à des cyberviolences à caractère sexuel par photos, vidéos ou textos.
  • Dans l’Hérault, 8 840 personnes ont été victimes de violences et conflits intrafamiliaux en 2016: 29% de ces faits de violence ont été perpétrés dans la sphère familiale et 22 % relèvent de violences conjugales. 80% des victimes sont des femmes.

 

Ces chiffres sous-estiment néanmoins le phénomène des violences dans notre société car la majorité des victimes ne déclarent pas les faits à la police ou à la gendarmerie. On constate cependant une meilleure révélation des faits aux forces de sécurité suite à l’affaire « Weinstein » et les mouvements anti-harcèlement qu'elle a déclenchés dans le monde entier.

 

FEMMES VICTIMES DE VIOLENCES, QUI CONTACTER ? 

Une plateforme d’écoute pour l’Hérault  (Centre Elisabeth Bouissonnade. Montpellier) 04 67 58 07 03

le lundi de 9h à 13h et du mardi au vendredi, de 12h à 17h (prix d’un appel local), appel anonyme. Relais du numéro national 39 19 dans l’Hérault.

LE DÉPARTEMENT, CHEF DE FILE DES SOLIDARITÉS, PROTÈGE ET ACCOMPAGNE

 

« Mécanique infernale qui  brise des vies dans le silence de la société, les violences sont la réalité quotidienne de nombreuses femmes . En tout lieu, à chaque instant, sans aucune hésitation, notre responsabilité collective est de mettre un terme à ce fléau. Lutter contre les violences faites aux femmes  doit être l’affaire de tous, hommes et femmes, et devenir une priorité pour tous les acteurs publics.

Je suis convaincu que c’est en travaillant en réseau et  en utilisant tous les leviers dont nous disposons  que nous réussirons à mieux lutter contre ces violences et accompagner les femmes victimes et leurs enfants.

Chaque situation reflète différents parcours de vie nécessitant des réponses adaptées.  Être écoutée, être logée en urgence, ne plus avoir peur pour ses enfants,  avoir un soutien juridique, retrouver une autonomie financière, se sentir épaulée et accompagnée, autant de solutions à apporter pour desserrer l’étau de la violence. Le Département se mobilise, avec son réseau et en étroite collaboration avec les autorités et les associations, afin de mettre en œuvre toutes les mesures qui contribuent à cette grande cause nationale. »

          Kléber MESQUIDA

          Président du Département de l’Hérault

 

UN DÉPARTEMENT SOLIDAIRE DES HÉRAULTAIS

L’action sociale est une compétence obligatoire des Départements. Elle vise à accompagner et soutenir les personnes en situation de précarité, et contribue au développement social local.

En 2018, l’Hérault compte 1,150 millions d’habitants pour lesquels le Département assume la compétence des solidarités aux personnes, du nourrisson au senior. Pour venir en aide aux femmes victimes de violences, un véritable parcours est mis en place par les agents du Département et l’ensemble de ses partenaires : Etat, Procureur, CAF, monde associatif, police et gendarmerie, services sociaux ...  De la prévention à l’accompagnement en passant par la mise à l’abri si nécessaire, c’est une mobilisation globale qui répond de façon adaptée et sur mesure à chaque situation.

 

LA MISE À DISPOSITION D'INTERVENANTS SOCIAUX DANS LES COMMISSARIATS ET LES GENDARMERIES

Le Département de l'Hérault cofinance avec l’Etat des postes de travailleurs sociaux qui interviennent directement dans les locaux de la police et de la gendarmerie. Actuellement 5 Intervenants Sociaux en Commissariat et Gendarmerie (ISCG) sont en poste sur le département, répartis de la façon suivante :

  • 1 poste au commissariat de police de Montpellier (depuis 2003)

  • 1 poste au commissariat de police de Béziers (depuis 2007 et 2014)

  • 1 poste au commissariat de police de Sète (janvier 2019)

 

L’intervenant(e) social(e) peut recevoir toute personne majeure ou mineure, dont la situation sociale est marquée par la violence (violences conjugales, agressions racistes ou homophobes…).Son installation au sein même des locaux du commissariat permet d’assurer une prise en charge rapide et sociale de la personne, parallèlement au traitement par le policier de la situation. Trois missions leurs sont confiées :

 
  • L’accueil des victimes et/ou personnes en situation de détresse : accueil physique et/ou téléphonique, analyse et évaluation des besoins sociaux.
  • L’orientation et le conseil : orientation vers les services dédiés garantissant un traitement adapté.
  • Le relais vers les partenaires : accès au droit, police, gendarmerie, justice, services sociaux, sanitaires…
 
Progressivement, l’ISCG s’est imposé comme essentiel pour libérer la parole. Il prépare les victimes au dépôt de plainte, les met en confiance et déconstruit l’image des forces de l’ordre. L’accueil repose sur la libre adhésion de la personne et s’effectue dans un cadre confidentiel. Le secret professionnel garantit en effet la confiance accordée et protège la vie privée et la dignité des personnes qui se confient. ​2 383 entretiens ont été réalisés en 2017 par les intervenants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries.

 

LA CRÉATION D'UN NOUVEAU CENTRE D'HÉBERGEMENT D'URGENCE À BÉZIERS

Jusqu’alors totalement dépourvu de structures adaptées, le grand Biterrois accueille depuis fin 2018 un centre d’hébergement d’urgence dédié aux victimes de violences conjugales et à leurs enfants. Le centre assure un accueil d’urgence 24h/24 et 7J/7. Il permet à la fois :
  • Une mise à l’abri des victimes de violences conjugales et de leurs enfants. Cet  accueil d’urgence permet de garantir la protection des personnesl’écoute des victimes et une évaluation approfondie de leur situation.
  • Un accompagnement des femmes et de leurs enfants dans les démarches nécessaires à l’élaboration d’un nouveau projet de vie.
 
Les familles sont accueillies temporairement pour une durée pouvant atteindre 6 mois renouvelables une fois. Au-delà de la mise à l’abri, ce dispositif propose ainsi une démarche globale et pluridisciplinaire visant à réinsérer socialement ces femmes en grande difficulté psychologique, sociale et financière. Durant leur hébergement, les pensionnaires sont suivies dans le cadre d’un accompagnement en partenariat avec le CIDFF qui mettra à disposition du centre d’hébergement un psychologue, un juriste et un conseiller en insertion professionnelle.
 
L’admission au centre se fait uniquement sur orientation d’un service adresseur :
  • Le service social du Département ;
  • Les travailleurs sociaux intervenant au commissariat et gendarmerie sur l’Ouest Hérault ;
  • Le CCAS de Béziers ;
  • Le service social du centre hospitalier de Béziers ou tout autre établissement de santé disposant d’un service d’urgence sur l’Ouest du département.
 

LA PLATEFORME D'ÉCOUTE POUR L'HÉRAULT (CENTRE ELISABTEH BOUISSONNADE, MONTPELLIER) 

Née du partenariat entre le Département de l’Hérault, l’Etat, la CAF, la Métropole de Montpellier, la Ville de Montpellier et le Zonta Club, cette plateforme est joignable au 04 67 58 07 03 du lundi de 9h à 13h et du mardi au vendredi, de 12h à 17h (prix d'un appel local, appel anonyme). Relais du numéro national 39 19 dans l’Hérault, ce service propose une écoute, une orientation et un accompagnement avec possibilité d’accueil de jour (sans hébergement). Pour les femmes victimes de violences, c'est également un lieu où elles peuvent se réfugier avec leurs enfants, échanger et participer à des ateliers de création et d’écriture, un exutoire indispensable pour exorciser les angoisses dans cette démarche de réparation.En moyenne la plateforme reçoit 800 appels par an.

 

UN NÉCESSAIRE TRAVAIL EN RÉSEAU

 

Il existe 9 réseaux de lutte contre les violences faites aux femmes sur le département l’Hérault :  

 

Nom du réseau

Secteurs concernés

Animé par

Agde

Agde / Pézenas

CIAS (Centre Intercommunal d'Action Sociale)

 

Réseau santé ville

Bassin de Thau

ADS Bassin de Thau

ADS Thau littoral

 

Association Via Voltaire

Béziers Méditerranée

 

Béziers

Agglomération Béziers Méditerranée

Cœur d’Hérault

 

Lodève / Gignac / Clermont l’Hérault

Association Via voltaire

Lunellois

 

ADS Lunellois

CIDFF

Montpelliérain

 

Montpellier / Pignan / Lattes

Association Via voltaire

Pays de L’Or

 

ADS Etang l’or

CIDFF

Pic st Loup/Gangeois

 

ADS Pic St Loup Gangeois

CIDFF

Les Hauts Cantons

 

Bédarieux, Saint-Pons-de-Thomières, Cazouls-les-Béziers

CIDFF

 

Ces instances regroupent l'ensemble des acteurs institutionnels et associatifs des domaines sanitaires, sociaux, préventifs, éducatifs, judiciaires. Ensemble ils travaillent à repérer les besoins, mettre en œuvre des actions communes et améliorer leurs pratiques professionnelles. Les réseaux organisent leur action autour de commissions thématiques. Ils créent ainsi des espaces de rencontre et de coopération, de mise en cohérence, d'innovation et de créativité. Les commissions fédèrent la participation des acteurs professionnels et associatifs, qui partagent leurs observations et impulsent des projets.