Mares, tourbières, étangs d'eau douce

Roselière de Capestang - Crédit - M.Alexandre

Le paysage héraultais est jalonné de dépressions naturelles ou artificielles que l’eau douce vient occuper créant ainsi, au détour d’un chemin, en pleine garrigue ou encore au cœur des contreforts de l’arrière-pays des milieux humides remarquables.  

La plupart de ces mares, tourbières et étangs ont été créés ou aménagés par l’Homme pour répondre à ses besoins (abreuvoirs, zone d’extraction de matériaux, irrigation, agriculture …) et remplissent aujourd’hui de multiples fonctions à la fois écologiques, sociales et culturelles. Elles contribuent aussi à la régulation de l’eau. Leur intérêt patrimonial est tel que de nombreuses actions de préservation et de restauration s’engagent un peu partout en France pour les sauvegarder.

Le département de l’Hérault a procédé, en 2006, au recensement de ces milieux afin de mieux les connaître pour mieux les préserver et les gérer.

Quelques exemples

Carrières de Notre Dame de l’Agenouillade

Situées dans un secteur urbanisé, au Grau d’Agde, sur un périmètre de 4 hectares, ces anciennes carrières d’où l’on extrayait le basalte dans l’Antiquité ont occasionné la création d’une vingtaine de mares temporaires. Principalement alimentées en eau par les pluies, ce sont des zones humides à double visage, tantôt inondées, tantôt sèches. Grace à cette alternance, elles hébergent des plantes et animaux adaptés à ces conditions particulières. Côté faune, on y rencontre notamment une communauté d’amphibiens remarquables et protégés : le crapaud calamite, la rainette méridionale, le pélodyte ponctué, le triton palmé et le triton marbré. Côté flore, on peut citer la salicaire à 3 bractées, l’étoile d’eau à nombreuses graines, et surtout une hépatique (plante proche des mousses) dénommée riella helicophylla, dont les mares de ND de l’Agenouillade constituent l’unique station française de cette espèce. Acquis par le Conservatoire du littoral et classé en Natura 2000, ce site fait l’objet de suivis scientifiques, d’animations pour le public et de travaux de restauration des mares en vue de conserver leur richesse spécifique.

Etang de Capestang

Situé à une vingtaine de km de la mer, l’étang de Capestang est une vaste cuvette naturelle qui a été au fil du temps aménagé par l’homme pour les besoins de l’agriculture et de l’irrigation. Il est en effet parcouru par une multitude de canaux gérés à des fins agricoles. L’étang est aussi géré à des fins cynégétiques et de pêche. L’étang joue aussi un rôle important lors des crues de l’Aude dont il constitue l’une de ses zones d’expansion. Il possède l’une des plus grande roselière d’Europe qui sert de lieu de nidification, d’alimentation  et de refuge à de nombreuses espèces d’oiseaux, ce qui lui a valu d’être classé en site Natura 2000. On peut citer le Butor étoilé, le Rollier d'Europe, la Pie-Grièche à poitrine rose, l’échasse blanche, le héron bihoreau, la guifette moustac …

Etang de Montady

Cet ancien étang, asséché depuis 1247, se trouve à moins de 10 km à l'ouest de Béziers. De l'oppidum d'Ensérune, les promeneurs peuvent admirer la curiosité de ce site. La division rayonnante des parcelles et des différentes cultures forment d'immenses figures géométriques. Classé " site pittoresque " par décret du 26 juillet 1974, l'étang est l'un des paysages les plus impressionnants de France.

Tourbière de la Lande

Située sur le plateau du Caroux, à plus de mille mètres d’altitude, cette tourbière s’étend au sein d’une vaste zone formée de plusieurs petites dépressions constamment saturées en eau, où se développe une flore caractéristique des tourbières avec notamment des sphaignes, qui sont des végétaux ressemblant à des mousses. Les conditions de vie qui y règnent (acidité du sol saturé d’eau et privé d’oxygène) limitent la décomposition de la matière organique. Les débris mal dégradés s’accumulent et forment progressivement la tourbe.

Les tourbières du Caroux font partie des plus méridionales d’Europe. En tant que réservoir d’une biodiversité rare et très spécialisée, elles participent activement à l’originalité de notre patrimoine naturel. Parmi la faune et la flore inféodées à ces milieux, on peut citer le lézard vivipare, la linaigrette à feuilles étroites et la drosera à feuilles rondes ou rosée-du-soleil, qui est une plante carnivore dont les feuilles sont munies de longs tentacules rougeâtres en vue de capturer les petits insectes. Il faut aussi souligner que ces tourbières sont de véritables éponges, qui fonctionnent comme des réservoirs, absorbant l’eau et la restituant en période de sécheresse. Elles forment la source de plusieurs ruisseaux ; en particulier, la tourbière de la Lande est à l’origine du ruisseau d’Albine qui dévale du Caroux pour se jeter dans l’Orb en aval de Colombières-sur-Orb.