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Protection de l'enfance

La protection de l'enfance, une mission du Département

La loi donne au Département la mission de protéger l'enfant victime de maltraitance. Après une évaluation médico-sociale immédiate, et selon la gravité de la situation, le Président du Conseil départemental :

  • mobilise les travailleurs sociaux du Département afin de protéger l'enfant
  • saisit le Procureur de la République. Le cas échéant, ce dernier prendra des mesures de protection et sanctionnera l’auteur des mauvais traitements.

« Une mission quotidienne »

Entretien avec Véronique Calueba-Rizzolo, Vice-Présidente à l'enfance et à la famille

Quel est le rôle du Département en matière de protection de l’enfance ?

L’enfant est au cœur de nos réflexions et son bien être est une priorité. La loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfance, nous invite d’autant plus à travailler en ce sens. C’est un pilier de la politique départementale. De sa naissance à l’âge adulte, l’enfant confié est “sous l’aile” du Département, là pour le protéger, l’accompagner et l’aider.

Comment le lien est-il maintenu avec les parents ?

Les éducateurs, les travailleurs sociaux et les associations partenaires accompagnent chaque enfant selon son profil, quand les relations deviennent compliquées dans la structure familiale. Nous favorisons le lien avec les parents car il est essentiel dans la construction de l’enfant. L’appartement que nous mettons à disposition des familles à la maison Baldy à Agde, répond notamment à cet engagement. Des sorties et des échanges sont organisés avec les parents qui sont associés à chaque démarche.

Quelles initiatives innovantes le Département de l’Hérault propose-t-il ?

A Agde, par exemple, la rénovation des villas de la MECS a permis de constituer de plus petits groupes, avec des chambres individuelles. Nous favorisons aussi les temps de paroles avec les parents. Sur le Lodévois aussi, nous allons ouvrir un deuxième créneau avec les éducateurs. Parfois, nous innovons en proposant une sensibilisation à la nature ou un lien avec des animaux. Au foyer de l’enfance, un chien partage du temps avec les enfants, comme ceux qui ont été formés pour accompagner les malvoyants. Certaines familles d’accueil se spécialisent comme Catherine Fenelous qui propose de l’équithérapie.

LE SOUTIEN À LA PARENTALITÉ

Travailler avec la famille

Contrairement à une idée reçue, l'intervention des travailleurs sociaux ne signifie pas le retrait de l'enfant de sa famille. L’intervention des travailleurs sociaux se fait en accord avec la famille, elle cherche à retisser les liens fragilisés par différentes mesures d’aide et de soutien. Tout est mis en oeuvre pour restaurer l'équilibre et les liens entre les parents et l'enfant. Par ailleurs, toute action ou mesure décidée par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) auprès d'une famille ne peut se faire qu'avec l'accord de celle-ci.

« Notre philosophie est d'apporter une alternative à la séparation et de soutenir la fonction parentales, en intervenant au domicile, et en aidant les parents à se réapprprier leur responsabilité. » MECS Notre-Dame de Bon Secours à Montpellier

Dans les situations de danger avéré ou de refus de collaboration de la famille, le juge des enfants ou l’Aide sociale à l’enfance (ASE) peuvent envisager la séparation du mineur d’avec sa famille et le placer en famille d’accueil ou en structure collective.

Revenir aux fondamentaux

L’Association pour la protection de l’enfance et de l’adolescence (APEA) travaille aux côtés du Département pour accompagner les jeunes et leurs parents.

L’APEA intervient actuellement auprès de 1500 mineurs, suivis au quotidien. « Notre mission est de redonner leur place aux familles, à leur rythme en s’appuyant sur leurs compétences », décrit Anne-Sophie Lambert, directrice de l’APEA 34. Le soutien à la parentalité s’exerce ainsi de multiples façons, dans le cadre d’une mesure d’accompagnement à domicile, d’accueil périscolaire (service éducatif de jour), ou d’un placement dans un établissement, dans une famille d’accueil, ou à domicile. « L’enfant peut vivre chez ses parents mais être placé sous la responsabilité d'une Maison d'enfants (MECS) », explique-t-elle. « Les éducateurs viennent alors au domicile soutenir la famille. » Ils amènent des réponses aux questions que se posent tous les parents : éviter le décrochage scolaire, apprendre à gérer un budget, connaitre les gestes essentiels pour l’équilibre alimentaire…

Un séjour en gîte

Pendant une semaine, deux familles ont été accueillies à Paulhan pour passer quelques jours de vacances dans un gîte.

Pour renouer avec leurs enfants, les parents ont parfois besoin de partager de bons moments, loin de leurs habitudes. Chantal est venue de Gabian pour retrouver son jeune fils de 14 ans. « Aujourd’hui je suis soulagée, mes fils vont bien et je me suis reconstruite », avoue-t-elle, le sourire aux lèvres. Après son divorce, ses deux garçons ont été placés à la maison Baldy. Alexis y est toujours, mais elle peut le voir grâce au service d’accueil personnalisé. « J’ai beaucoup appris avec les éducateurs, même si au début ça a été très dur ». Ce mercredi, le collégien apprend qu’il a décroché son brevet, après avoir commencé, la veille, un stage en tant que serveur dans un restaurant de Gabian. Toute la semaine, un éducateur est présent pendant la journée aux côtés des parents. Le soir, après le repas, parents et enfants se retrouvent seuls pour profiter des vacances en famille.

Jessica et ses 3 garçons, Kenzo, Lorenzo et Israël, eux, se sont installés à Paulhan pour les vacances. « Mes enfants sont d’abord partis en famille d’accueil, puis ils sont venus à Baldy et depuis peu de temps ils sont rentrés à la maison », raconte la jeune mère, le plus petit lové dans les bras. Sous la chaleur estivale, les trois compères évoquent leur tata. « On va la voir des fois parce qu’on lui manque. Mais je préfère être à la maison avec maman et mes frères et sœurs », lance le benjamin.

LES MAISONS D'ENFANTS À CARACTERE SOCIAL (MECS)

Comme à la maison

A Agde, la maison Baldy, maison d’enfants à caractère social, accueille près de 80 jeunes de 6 à 21 ans. Reportage dans leur quotidien.

Une fois franchie la porte de la villa Saint-Loup, Djenaba fait visiter la maison. D’abord le salon où trône l’affiche d’un blockbuster américain. Au sol, un tapis avec des circuits. « On passe beaucoup de temps ici, les petits aiment bien jouer aux voitures, et on regarde aussi la télé tous ensemble », déclare la fillette. Direction la cuisine, où Djenaba aime préparer de bons petits plats, appréciés par ses camarades et par les éducateurs. « Derrière cette porte, il y a la réserve. On range les courses le lundi avec la maitresse de maison », raconte-t-elle, ravie d’expliquer le déroulement de la semaine dans la Maison Baldy. Au fond, c’est la lingerie. Dans la pièce, de grandes étagères portant les noms des enfants permettent à chacun de retrouver ses vêtements. « Moi j’aime pas faire la lessive »,  lance Mathys, 7 ans. « Mais il y a toujours quelqu’un pour nous aider », confie-t-il, amusé.

Devenir autonome

L’esprit d’équipe est, ici, primordial. Chacun a un rôle dans la maisonnée : cuisiner, nettoyer les parties communes, faire son lit, ranger sa chambre. « Notre objectif est de les rendre autonome, qu’ils sachent se débrouiller seuls », argumente M. Maillard, responsable de l’établissement. Ces étapes permettent à l’enfant de reprendre confiance en lui, de progresser dans son comportement et son rapport avec les autres. Quand il retrouve sa famille le temps d’un week-end, les éducateurs voient s’il a également respecté les quelques règles de vivre ensemble. La vie dans la MECS est organisée, aussi, pour que tout se passe comme à la maison. « Le matin on part à l’école, comme tous les enfants », décrit Mathys. Leurs quotidiens se ressemblent.

(Certains prénoms ont été modifiés)

« J’aime le contact avec les enfants »

Anne-Marie Mendes est maîtresse de maison à Baldy. Auparavant, elle était veilleur de nuit. « Les enfants cuisinent avec moi, font les courses, je les aide à s’occuper de leur linge, à se doucher ou encore à s’habiller, mais je peux aussi les accompagner chez le médecin ou en sortie. Je me régale, j’apporte autre chose à ces enfants », détaille-t-elle.

Des ados très suivis

Un an avant leurs 18 ans, ces ados préparent leur contrat “jeune majeur” qui identifie leur projet. Ils le signeront au moment de leur anniversaire. Amanda, 17 ans, vit sur le site de la maison d’enfants de Baldy à Montagnac. A la rentrée elle sera en classe de première, et elle sait ce qu’elle veut devenir. « J’aimerai être infirmière pour les personnes âgées, je me sens utile », explique cette jeune fille déterminée, qui vient de décrocher un job d’été de vendeuse. Aurélie, sa voisine de chambre et copine de classe, sait aussi ce qu’elle fera plus tard, « Moi je veux être éducatrice et travailler dans une MECS. Il y aura toujours des jeunes qui auront besoin d’aide. »

 

ENFANCE EN DANGER : SOYONS VIGILANTS

Face à la maltraitance des mineurs, la vigilance s’impose à tous.Le Département assure pleinement sa mission de protection. Si vous êtes convaincu d’une maltraitance, vous devez alerter les professionnels de la protection de l’enfance.

Un enfant est en danger lorsqu'il est :

  • victime de violences physiques ou psychologiques, de négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement
  • victime d’agression sexuelle
  • dans des conditions de vie qui peuvent compromettre sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation, etc.

Les signaux d'alerte :

  • signes physiques : bleus, accidents domestiques à répétition, désordres alimentaires, aspect négligé (hygiène insuffisante, cernes, teint pâle, troubles du sommeil), …
  • troubles de comportement : repli sur soi, agressivité, fugues, mutisme, pleurs inexpliqués, comportement ou langage sexuel sans rapport avec l'âge, désintérêt ou rejet scolaire …
Si vous constatez qu'un enfant ou un adolescent est victime de mauvais traitements, quelle qu'en soit la nature, appelez le numéro vert national (gratuit) : le 119 (24h/24 et 7j/7). Ou signalez la situation à n'importe quel travailleur social du Conseil départemental, et notamment ceux des services départementaux des solidarités. Si vous le souhaitez, vous pourrez faire votre alerte sous le sceau de l'anonymat.
Nous sommes tous responsables devant la loi (code pénal, extrait de l’article 434-3).Signaler un enfant en danger ce n'est pas seulement un devoir moral, c'est une obligation légale. La loi prévoit des sanctions pour toute personne qui ne signale pas de mauvais traitements envers un enfant dont elle aurait connaissance.
Les bons contacts :

Conseil départemental
- Service départemental des informations préoccupantes (jours et heures ouvrables) : 04 67 67 65 62

Gendarmerie et Police secours : 17

Services d’urgence : 15 ou 112

Allo Enfance en Danger : 119