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Parcours de vie

Changement de cap, reconversion professionnelle, accidents de la vie : pour de multiples raisons, des centaines de personnes se retrouvent un jour sur le carreau. Le Département déploie des actions sur tout le territoire, pour faciliter le retour à un emploi pérenne

En septembre 2017, le Département a adopté, avec ses partenaires institutionnels, un Pacte Territorial pour l’Insertion (PTI) qui s’adresse à tous les publics en difficulté d’insertion : allocataires du RSA, jeunes sans qualification ou chômeurs longue durée. La vocation de ce document est de poursuivre et de consolider les 205 actions menées avec 112 partenaires, sur tout le territoire. Notamment, créer son projet dans une couveuse d’activité, rechercher un emploi, réaliser un CV vidéo, garantir son logement, sa santé…

Résultat : sur 40 200 personnes allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), 87% sont aujourd'hui inscrites dans un parcours d'insertion !

Rencontres avec ces Héraultais qui se reconstruisent et rebondissent.

ILS SÈMENT DES GRAINES DE POSSIBLE

Marc, Anthony, Corinne, Geoffrey, Samir et Dragan ont entre 20 et 50 ans. Ils sont en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) au Jardin du Coeur ou à la Croix-Rouge Insertion. Quel que soit leur parcours, tous profitent d’une expérience au grand air, pour se reconstruire et préparer leur avenir.

Marc a 50 ans. Il est jardinier depuis quelques mois, à Villeneuve-les-Maguelone et sème des poireaux, des radis et des navets bios pour les Restos du Coeur de l’Hérault. Il raconte pudiquement, entre deux flashs photo, comment sa carrière de saxophoniste a été mise à mal par des problèmes de santé. « Les cassures de la vie, ça arrive à tout le monde. Mon expérience au Jardin du Coeur me permet de remettre un pied à l’étrier, et de montrer à mes futurs employeurs que je suis sérieux et impliqué » confie-t-il. À Villeneuve, l’équipe de jardiniers est encadrée et animée par deux professionnels du maraîchage, Claude et Christel. Des conseillers en insertion socio-professionnelle les soutiennent dans leurs démarches logement, santé, mobilité, ou justice, et les aident à devenir acteurs de leur réussite : « certaines personnes arrivent ici très abîmées. Le maraîchage bio est un bon support pour redonner de l’énergie. Quand on les voit lever les yeux vers nous, sourire, retrouver le sens de l’humour, on se dit que c’est gagné ! »

Les jardiniers du coeur produisent 5,5 tonnes de légumes par an, entièrement redistribués aux Restos du Coeur de l’Hérault

Même état d’esprit à Valros, sur une des exploitations agricoles gérées par Croix-Rouge insertion – Capdife. « Au début, j’avais du mal à me lever le matin », confie Anthony, un peu blagueur. « J’étais au chômage depuis six ans, vous comprenez… Je voulais être maître-chien, pas agriculteur ! Mon chien étant trop jeune, j’ai pris mon mal en patience… et j’ai appris. Depuis, j’ai fait plusieurs stages d’immersion chez un dresseur et chez un vétérinaire. J’me sens prêt ! » Entièrement financés par les structures d’insertion, ces stages permettent de tester le potentiel des candidats et d’affiner leur projet professionnel. 40 % débouchent sur une embauche, 20 % sur une formation.

Les CDDI sont des contrats aidés de 20h ou de 26 h / semaine. Ils s’adressent à des personnes au chômage rencontrant des difficultés sociales particulières. Véritables tremplins vers l’avenir, ils permettent chaque année à 60 % des bénéficiaires du RSA de « sortir du dispositif » la tête haute.

APPRENDRE ET PRATIQUER LA PERMACULTURE

À Lansargues, le jardin des Vesses est une micro-ferme biologique qui a adopté la permaculture et l’agroforesterie. Elle propose des visites et forme aussi à ces techniques. En service civique dans la ferme, Amandine Sabiani, ingénieur agronome en fin d’étude, témoigne.

Cerné de champs brûlés par le soleil, le Jardin des Vesses est un petit îlot de verdure. Les salades, fèves, courgettes et pommes de terre y poussent à l’ombre des cerisiers, des abricotiers et des pommiers. Le tout noyé dans une végétation luxuriante mêlée de menthe fraîche. «Nous reproduisons ici, le processus de la forêt. La plante alimente le sol et non l’inverse, dans un cercle vertueux d’équilibre qui se crée entre les deux » explique Laurent Chabaud, propriétaire de cette ferme de trois hectares. Depuis 1998, le maraîcher pratique à Lansargues, les

techniques de la permaculture et de l’agroforesterie. « Bien avant qu’elles deviennent tendance ! » précise-t-il.

Amandine Sabiani est ingénieur agronome en fin d’étude. Elle est passionnée par ces modes de culture. Elle est venue rejoindre Laurent dans le cadre d’un contrat de service civique de dix mois, via l’association Concordia. « Il nous a paru

important de développer les activités de la ferme, en mettant en place des formations à ces techniques », explique le maraîcher. « Apprendre aux gens ce qu’est la permaculture, transmettre et sensibiliser le grand public, les professionnels, les écoles et les universités, c’est assurer l’avenir des générations futures. »

Les métiers qu’il faut savoir pratiquer vont de la graine soigneusement sélectionnée, aux semis pour produire des plants, et au maraîchage en pleine terre jusqu’à la vente sur les marchés et par des circuits courts tels que les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). « Cela demande une vraie organisation et une bonne gestion du temps », précise Laurent. « Pour sortir une tomate, c’est six mois de travail, et un an pour les poireaux », précise-t-il. Un apport régulier de végétaux broyés fournis par les entreprises d’élagage permet de constituer les buttes sur lesquelles vont pousser les légumes. L’arrosage avec une eau de source de grande qualité permet de préparer un sol riche et vivant, base de la production de cette ferme exemplaire.

Visites et formations :

06 88 98 41 34

clotilde.chabaud@wanadoo.fr
« Dans l’Hérault, 87 % des bénéficiaires du RSA sont en parcours d’insertion. Loin d’être dans une posture d’assisté, ils participent activement au développement économique et à la cohésion sociale de nos territoires.»

JEAN-LUC FALIP, vice-président délégué à l’aménagement rural