Montagnes, cours d’eau, rochers, ponts… Les paysages et monuments de notre département ont inspiré l’imagination populaire. Voici cinq endroits de l’Hérault ayant donné naissance à des légendes.
L’ethnologue Pierre Laurence nous donne les clefs pour comprendre comment ces légendes sont nées.

Qu'est-ce qu'une légende et en quoi est-ce différent du conte ?

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En quoi les reliefs peuvent-ils inspirer l'imaginaire et ainsi faire naître des légendes ?

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1. Le pic Saint-Loup
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Au Moyen- Âge vivaient à Saint-Martin-de-Londres trois hommes riches, amoureux d'une même femme : LOUP, GUIRAL et CLAIR. Ayant avoué leur passion à la dame et cette dernière leur ayant répondu qu'elle épouserait le plus glorieux, tous les trois partirent à la guerre. Quelques années plus tard, tous les trois revinrent couverts de gloire, mais inutilement, car la dame était morte pendant leur absence. Fous de chagrin, ils décidèrent d'un commun accord, de vivre en ermites. Ils montèrent chacun sur l'un des trois monts formant un triangle autour du village. Chaque année pour Noël, ils allumaient un grand feu que l'on voyait de la plaine et qui signalaient leur présence. Un Noël, il n'en eut plus que deux brasiers, puis un seul, puis aucun. Les trois ermites étaient morts. En hommage à leur courage, on appela les monts par leurs noms. Celui sur lequel vivait Guiral s'est appelé Saint Guiral, il est situé près du Mont Aigoual. Celui sur lequel vivait Loup est devenu le mont Saint Loup, il se trouve à côté de la ville d'Agde. Celui sur lequel vivait Clair, est devenu le Mont Saint-Clair. C'est au pied de ce pic qu'est bâtie la ville de Sète.

(source : www.herault-tourisme.com

L'ethnologue Pierre Laurence évoque la force de la légende du Pic Saint-Loup :

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2. Le pont du Diable
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Le Pont du diable (d’abord appelé Pont sur le gouffre noir) fût construit de 1036 à 1048 par les moines des abbayes qui controlaient chaque rive de l’Hérault, en vu de faciliter le passage des pélerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle : l’Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert et l’Abbaye d’Aniane, chacune devant payer sa part des travaux.
Le diable, détruisant chaque nuit le travail accompli la journée, passa un accord avec Guilhem (le futur saint). Il demanda l’âme de la première créature à passer sur le pont et promit de cesser ses exactions et même d’aider les moines à la construction. Une fois le pont construit, Guilhem envoya pour traverser le pont, un pauvre chien à la queue duquel était attachée une vielle casserole… Le diable de rage se jeta dans l’eau, créant ainsi le gouffre noir « gurgito nigro » profond de 30 m sous le pont. C’est l’origine du premier nom de Saint-Jean-de-Fos, Sancti-Johannis-de-Gurgito-Nigro.

(source : http://www.saintguilhem-valleeherault.fr/la-legende-du-pont-du-diable)

L'origine de la légende du Pont du diable :

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3. La légende du Drac ou de La Fount das Novis (fontaine des fiancés), La Salvetat-sur-Agoût
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C'est l'histoire du sonneur de cloches de Notre Dame, grand pêcheur et grand buveur, qui déclarait ne pouvoir tirer de l'eau de l'Agout parce qu'elle sentait la truite, ni celle de la Vèbre à cause de son odeur d'écrevisses. En allant pêcher en cachette dans la réserve du Prieur, il lança son épervier sur ce qu'il croyait être un gros poisson. Mais il avait touché le Drac qui le saisit, l'emporta dans son gouffre, gouffre situé en face de la Capelo du Bau et se disposa à le dévorer. Le campanier se souvint alors qu'il avait trois filles dont il ne s'occupait guère et demanda sa grâce par pitié pour elles. Le Drac la lui promit, à condition d'épouser l'une d'elles. Les deux aînées traitèrent leur père de visionnaire et d'ivrogne. Le Drac qui s'impatientait des mauvaises raisons qu'on lui donnait, menaçait de rompre les négociations et de manger son futur beau-père, lorsque la jeune, par pitié filiale, se décida enfin. Le Drac vint faire une visite nocturne, suivie de plusieurs autres, sans que les soeurs aînées puissent obtenir la moindre confidence de leur soeur, qui paraissait fort satisfaite. Elles firent bonne garde et s'aperçurent que leur horrible beau-frère, se muait, dans le grenier où couchait leur soeur, en un galant et superbe chevalier, tandis que les toiles d'araignées se transformaient en de magnifiques tentures. Mais, au chant du coq, le Drac avait disparu et tout était rentré dans son état ordinaire de désordre et de pauvreté. Elles ne purent garder le secret ; d'ailleurs, elles étaient envieuses. Le bruit de l'aventure merveilleuse se répandit, le clergé s'en mêla, vint exorciser la chaumière et la rivière. L'eau devint bouillante et le Drac accompagné de sa belle qui voulait mourir avec lui, vint se réfugier dans une grotte où surgit une source qui porte le nom de "Fount das Novis". Mais le Drac était enchanté à temps et non à perpétuité : l'enchantement arrivait justement à sa fin : il reprit sa forme, épousa celle qu'il aimait et les novis furent heureux et eurent beaucoup d'enfants... De nos jours, la Fontaine des Fiancés existe toujours, elle se trouve après le Capelo du Bau, au pied d'un banc, le premier après le tounant. Son débit est très faible mais son eau possède une étonnante vertu, les jeunes gens qui en boivent se marient dit-on, dans l'année... . "C'est au souvenir des grands derniers sauriens du quaternaire qu'il faut rapporter la légende du Drac du Beaucaire et de maintes rivières Cévenoles".

(source : www.herault-tourisme.com)

Qui est le Drac ?

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4. Le Mont Caroux
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En ce temps-là vivaient les géants. Cruels, ils meurtrissaient la terre, dévastaient la nature, offensaient le Ciel, dans les batailles terribles qu'ils se livraient sans cesse. Impuissants à les calmer, Terre et Ciel se mirent d'accord pour en détruire entièrement la race. Jupiter jeta la foudre dans leurs combats. La terre tendit ses pièges. Cébenna et Réa survivaient seuls. C'est que contrairement à ceux de leur race, ils étaient doux et paisibles, allant la main dans la main, sensibles aux beautés de la nature, de l'aube, du crépuscule, aux charmes des fleurs, aux chants des oiseaux. Ils affectionnaient par-dessus tout, un plateau et un roc appelé Caroux d'où leurs regards pouvaient glisser par-dessus vallées et monts, vers la mer aux horizons infinis. "Qu'ils meurent !" criait furieux le Dieu de l'Olympe, impatient de créer une race nouvelle. La terre, que tant de grâce et de douceur touchaient hésita longtemps... puis céda enfin. Un soir que l'air était parfumé et d'une grande douceur, Cébenna s'étendit sur le roc pendant que Réa remontait le lit du ruisseau d'Eric. Elle suivait d'un oeil distrait de petits nuages roses courant sur le couchant. Surprise, elle sentit sous son poids le roc s'amollir, se creuser. Effrayée, elle lança ses bras et ses jambes en un brusque sursaut. La pierre devenue glu, immobilisa ses membres, recouvrit son corps. Alors dans un suprême effort, elle renversa sa tête en arrière, poussa un cri de désespoir et d'agonie et les larmes s'échappant de ses yeux tombèrent goutte à goutte dans les eaux du Rieutord. Réa, au cri poussé par Cébenna, voulut s'élancer vers elle. Hélas ! sous l'effort, ses pieds s'enfoncèrent comme aspirés par le lit du torrent. Il tomba à genoux pendant que ses mains s'appuyaient à la paroi rocheuse où elles demeurèrent fixées. Dans un effort surhumain où ses os craquèrent, il essaya d'échapper à l'étreinte..., il s'enfonça jusqu'aux épaules, puis la glu rocheuse s'éleva, épousa la forme de sa tête, étouffant son dernier râle, pendant que l'Eric déferlait en grondant. Si vous allez aux gorges d'Eric, vous saurez maintenant pourquoi le Roc Caroux présente la forme d'un corps humain et pourquoi entre le deuxième et le troisième pont, le lit d'Eric s'obstrue d'une gigantesque tête de pierre. Si le soir au crépuscule, vous regardez loin ... peut-être verrez-vous se soulever la lourde paupière, rouler sur la joue de pierre et tomber une larme, que l'Eric, compatissant enfin, emporte et unit à celles qu'entraîne toujours le ruisseau du Rieutord. "C'est ainsi que tel le gisant de pierre d'un tombeau, le corps de Cébenna, l'infortunée fille des Titans, dessine à jamais ses formes au sommet du Caroux".

(source : www.herault-tourisme.com)

La légende du Mont Caroux expliquée :

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5. Les rochers du Cap-d’Agde
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Deux frères trouvèrent un soir une sirène blessée sur la plage... Ils la soignèrent et tombèrent éperdument amoureux. Dans leur folie, ils s'entretuèrent. La sirène, avant de regagner les flots, supplia Poséïdon de leur laisser une forme apparente en souvenir de leur passion… Le Dieu de la Mer y dressa les 2 rocs.

 

Peut-on craindre la disparition des légendes ?

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