"Maman, j’ai peur !" hurlent-ils lorsqu’on leur raconte le Petit Chaperon rouge ou une histoire de sorcières. Mais ils en redemandent ! Alors…
L’arrivée, début novembre, d’Halloween, le confirme : nos enfants aiment les monstres, les sorcières. Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête, ces gamins, alors que nous, nous étions heureux quand notre mère-grand’ nous contait la gentille histoire de Blanche-Neige ou du Petit Chaperon rouge… Relisez ces contes : la méchante reine est une empoisonneuse et le grand méchant loup croque mémé ! Nous aimions nous aussi avoir la frousse. Comme tous les enfants. Il faut, selon le psychanalyste Bruno Bettelheim, leur raconter des histoires qui font peur, nécessaires à leur développement psychique et affectif. Tous les petits ont des angoisses communes : être séparé de maman, abandonné, dévoré par le loup. Ils ont la trouille du noir, du monstre dans le placard, des voleurs, de mourir. En écoutant des histoires qui mettent en scène ces angoisses, l’enfant se rend compte qu’il n’est pas seul à les éprouver. Comme elles finissent bien, il apprend, à travers son imaginaire, à dépasser ses propres frousses. S’il vous demande de lui lire chaque soir la même histoire, c’est parce qu’il se rassure avec les mots, repères sécurisants, puissants pulvérisateurs de monstres. Mais faites gaffe à la télé : les films de méchants ou d’horreur, les actualités sanglantes lui sautent aux yeux sans le filtre de l’imaginaire. Et là, attention, danger !
Des livres pour comprendre
Parmi d’autres : Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim, éd. Pocket Même pas peur ! Anne Bacus, éd. Marabout. Peur du noir, monstres et cauchemars : comment rassurer votre enfant ? Lyliane Nemet-Pier et Françoise Devillers, éd. Albin Michel. La Peur, Dr Catherine Dolto, éd. Gallimard Jeunesse.














