En juin dernier, Danièle entre en « couveuse ». Mère de deux enfants, ce statut n’a pourtant rien à voir avec une troisième grossesse ! En fait, Danièle fait partie des 35 créateurs accompagnés par Context’Art, une couveuse d’entreprises qui conseille, encadre et offre un statut transitoire aux porteurs de projets dans les secteurs artistiques et culturels. Un bon moyen pour tester sa viabilité avant de voler de ses propres ailes.
Après avoir été « nez » de 2002 à 2010 à Paris, Danièle Lemayen et sa famille déménagent à Montpellier. Ne trouvant pas d’emploi en parfumerie, elle projette de créer Mes pTis Sages, sa marque de puériculture – directement inspirée de ses enfants - pour laquelle elle dessine, coud et vend des gigoteuses, tours de lits, peignoirs de bain et autres accessoires pour les 0-3 ans. "Ce qui me plaît, c’est la création bien sûr, mais c’est aussi la liberté dans l’organisation de mon travail. La liberté d’être à l’écoute des mamans. En parfumerie, je n’avais jamais ce contact direct avec les gens."
L’idée étant là … Y’avait plus qu’à ! Seulement, par où commencer ? Lors d’une journée portes ouvertes à la Chambre des métiers, un représentant de la PFCA 34 lui tend un flyer de Context’art. "Je ne me sentais pas capable de me lancer toute seule. La comptabilité me faisait peur... À Context’Art, on nous apprend à faire un devis, une facture, à tenir des comptes, on participe à des ateliers d’actions commerciales, communication, marchandising, droit de la propriété intelectuelle…" En plus des formations, les rencontres avec les autres créateurs sont stimulantes : "Cela permet de se sentir moins seul et d'échanger des conseils entre créateurs de même corps de métiers".
Depuis 2007, la couveuse a aidé à la création de 50 petites entreprises. "Dans ces métiers d’arts ou d’artisanat, ce sont des gens passionnés, engagés affectivement. Ils sont souvent éloignés de la réalité économique" explique Claude Sapej, directeur de Context’Art. La couveuse offre donc différents services : un hébergement juridique en prêtant son numéro de Siret. "C’est un statut transitoire qui permet aux porteurs de projets de tester leurs activités, d’en sécuriser le démarrage avant de créer réellement . Mais ce n’est pas suffisant. On veut permettre à tous de pouvoir tester leurs capacités à gérer : à quelle clientèle s’adresser ? Quelle viabilité financière ? Quel statut le plus opportun ? …/… Au fur et à mesure que le projet avance, on les accompagne."
Claude Sapej, directeur de Context’Art
> C’est quoi la différence entre une couveuse et une pépinière ? Quel avantage par rapport au statut immédiat d’auto-entrepreneur ?
Au début, comme ça a été le cas pour Danièle, la couveuse montre aux créateurs comment faire un devis, une facture… les notions de base quoi ! "On n’intervient pas sur le cœur de métier, mais sur l’environnement" précise Claude. A ce titre, la couveuse les confronte aussi aux réseaux de diffusion, en organisant des rencontres avec les professionnels, les délégués de la Maison des artistes de Paris, etc. "Le réseau, ça fait parti de la professionnalisation. On ne leur trouve pas les clients, mais on favorise le contact entre leur offre et le marché."
Les frais liés aux projets sont pris en charge par la couveuse, qui gère également les recettes des ventes ou prestations. Le cas échéant, elle reverse sous forme de rémunération les bénéfices dégagés à chaque porteurs de projets.
Claude Sapej, directeur de Context’Art
> À qui s’adresse Context’Art ?
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Ce dispositif permet de tester son projet grandeur nature. Il est destiné aux demandeurs d’emplois ou allocataires du RSA, dont le Conseil général de l’Hérault valide et finance le parcours en couveuse.
Depuis 3 ans, 90 % des créateurs étant passés par la couveuse sont toujours en activité. On y reste en moyenne 15 mois. A l’issue de quoi, soit le projet est viable et la personne crée sa structure, soit il ne l’est pas et la couveuse aide ces personnes à redéfinir leur projet. "L’équipe de Context’Art porte beaucoup d’intérêt aux gens. La couveuse, c’est aussi une aventure humaine" confie Danièle.















