Le GIHP Languedoc-Rousillon, Groupement pour l’Insertion des Personnes Handicapées s’efforce de répondre aux difficultés rencontrées par les personnes handicapées physiques dans leur quotidien. La mise en place des "rondes de nuit" en 2007 figure parmi ses initiatives pionnières.

Chargement du lecteur vidéo ...

> Daniel Lapeyre :

Chargement du lecteur vidéo ...

Jusqu’à présent, ces hommes et ces femmes n’avaient aucune possibilité de vie sociale ou culturelle le soir. "On était couché à 20 h 30 et il fallait attendre le lendemain jusqu’à parfois 9 h 30 pour se lever" signale Thierry Balix, le président du GIHP. Les nuits devenaient une forme de longue parenthèse où la solitude se mêlait à l’angoisse de l’attente du lendemain en cas de soucis. Une télécommande coincée, un téléphone tombé, une position douloureuse sont des détails des plus bénins. Mais ils peuvent rendre une nuit cauchemardesque. Et puis, outre les avatars, il y a tout simplement l’envie de se sentir exister en dehors des heures de bureau. Aller au cinéma, sortir au théâtre, se rendre au stade, rejoindre des amis ; des désirs anodins pour beaucoup, mais douloureusement vécus lorsque lorsqu’ils s’interdisent à vous.

Alors les sentinelles de nuit, ces auxiliaires de vie sillonnent la nuit la ville. Elles répondent aux appels. D’un appartement à un autre, elles font des visites, permettent des couchages tardifs et assurent une présence rassurante. Elles apportent la vie. Maintenant qu’elles sont là, les nuits sont propices à la conquête d’une nouvelle autonomie.  

Texte, photos et webdocumentaires : Thomas Rothé