Pauvres petits poissons ! Au total, 99 % des post-larves - stade d'évolution entre la larve et le poisson juvénile - meurent  lors de leur installation sur la côte méditerranéenne. Un constat qui est à l'origine d'un projet de recherche et développement, baptisé BioRestore®, labellisé par le Pôle mer PACA.
Il associe cinq partenaires : la société Ecocean, la Lyonnaise des eaux-Suez, l'Université de Perpignan, le Conseil général de l'Hérault ** et OSEO Languedoc Roussillon. Lancé en 2010, BioRestore® consiste à  pêcher des post-larves - toutes espèces confondues - pour les faire grandir tranquillement en nurserie sur la terre ferme. Une fois devenus ados, les "juvéniles" sont remis en mer.
Stéphane Lobbedey, chef de service Gestion des ports, développement filières maritimes, CG34
> Pourquoi le Département soutient-il ce projet ?
 ** Coût du projet : 187 000 €, dont 37 500 € financés par le Conseil général.
Et à  la technique... Ecocean !Â
Pour pêcher des post-larves, il faut un matériel spécial. C'est la mission et le savoir-faire d'Ecocean, l'une des rares sociétés qui s'intéresse à la valorisation des post-larves depuis 12 ans !Â
Gilles Lecaillon, président d'Ecocean, Montpellier
> Qu'est-ce qui fait la spécificité de votre société ?
> Cette technique de captage est-elle valable dans toutes les mers ?
Â
Le prélèvement des post-larves dans les CARE® se fait dès le mois d'avril, une semaine avant et après la lune noire. Pour les installer, Ecocean fait appel à un pêcheur, Jean-Marie Combas, qui plusieurs soirs par semaine, aux alentours de 18 h, installe ses CARE® en mer à moins de 3 miles nautiques des côtes du Grau d'Agde. Il les récupère le lendemain matin.
Jean-Marie CombasÂ
> Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?
Jean-Marie à l'œuvre... et en voix off !
Moins de 100 post-larves ont été pêchées entre avril et septembre 2010. C'est peu... Mais il est encore trop tôt pour conclure quoi que ce soit... Du fait de l'échantillonnage, il se peut que cette quantité ne soit pas révélatrice du stock de post-larves. Une chose est sûre : à  Agde, on est dans la zone la plus froide du bassin méditerranéen ! D'où peut-être ces résultats.
Du prélèvement au réensemencement, édition 2010
Pour compléter ce reportage vidéo, commenté par (vous l'aurez reconnu !) Jean-Marie, un diaporama photo :
Le devenir des juvéniles
Le réensemencement en 2010 a été réalisé par Philippe Lenfant, chercheur à l'Université de Perpignan UPVD CNRS CEFREM. Son domaine d'étude : le maintien des populations de poissons, principalement sur les juvéniles. "Le projet BioRestore® nous intéresse parce qu'il y a un grand champ d'investigation qui n'a pas encore été étudié. À la suite des captures par Ecocéan, des marquages ont été faits, puis on a commencé la phase de repeuplement / on a remis des juvéniles sur les habitats artificiels pour voir si les habitats qu'on leur offrait, leur allait bien au niveau écologique" explique Philippe. Cette année encore, c'est Philippe qui ira remettre en mer les juvéniles issus de la pêche en cours des post-larves.
Philippe LenfantÂ
> Quels sont les résultats suite à l'an dernier ?
> Le fait de remettre ces juvéniles en mer risque-t-il de déséquilibrer l'écosystème marin ?
BioRestore®, c'est de la recherche. On échantillonne les post-larves, on étudie les juvéniles, on augmente (faiblement mais sûrement) la ressource en mer... Ok. Mais concrètement, à quoi ça pourrait servir ?
Stéphane Lobbedey
> Un exemple d'application pour la pêche...
Anticiper par exemple la diminution des stocks de certaines espèces de post-larves permettra de dire au pêcheurs de ne plus les pêcher un temps, de manière à préserver ces espèces, et donc la biodiversité.
Jean-Marie CombasÂ
> En tant que pêcheur, voyez-vous ça d'un bon oeil ?
Cette année encore, donc rebelote !  Actuellement, Ecocean pêche puis cocoone ses post-larves à Marseillan. En plus d'Agde, les prélèvements ont lieu aussi à Port-Vendres et à Cannes. Et un projet en amenant un autre...
Gilles Lecaillon
> En parallèle de BioRestore® quoi d'autre ?



























