Jacques Touchon est chef du service de neurologie B, directeur du Centre mémoire ressource recherche (CM2R) du CHU de Montpellier. Grand spécialiste de la maladie d'Alzheimer, nous l'avons rencontré pour faire le point avec lui sur l'état d'avancée de la recherche.

> Que fait-on en France pour combattre la maladie ?
Les plans Alzheimer ont permis de mettre en place un outil exceptionnel que beaucoup de pays occidentaux nous envient. Près de 400 consultations de mémoire pour permettre au citoyen d'avoir un lieu proche de son domicile. Dans chaque région, il y a un Centre mémoire de ressource et de recherche, CM2R, dont la mission est de régler les problèmes complexes au niveau des traitements et de la prise en charge des patients. Ils ont également une mission de formation des étudiants en médecine, et de tous les intervenants chargés de soins s'occupant de la maladie d'Alzheimer. L'idée, c'est de former des gens qui demain travaillerons ensemble.

> Où en est la Recherche ?
Il y a une activité de recherche active depuis 20 ans et elle a très rapidement progressé. Il y a celle qui se fait en partenariat avec les grands laboratoires pharmaceutiques pour l'analyse des candidats "nouveaux médicaments" ; et celle avec des structures nationales de recherche comme l'Inserm (Institut national de la santé et recherche médicale). C'est le cas de notre centre mémoire, puisque nous sommes associés à l'Inserm pour la recherche sur le vieillissement cérébral. Il n'y a pas de recherche isolée ! Toute recherche se fait en réseaux nationaux en internationaux. Le CM2R de Montpellier est intégré dans un réseau européen ADC (Alzheimer's Disease Center) et des réseaux américains comme l'ADNI (Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative).

> Quels résultats obtenus pour le CM2R Montpellier ?
Nous avons investigué plus de 100 nouveaux médicaments. Hélas, seulement 4 ont été mis sur le marché : 3 agissent sur l'acétylcholine qui joue un rôle important dans la mémoire (Aricept, Excelon et reminyl) ; 1 agit sur l'acide glutamique soupçonné de favoriser la maladie d'Alzheimer (Ebixa). Ces quatre médicaments agissent sur les symptomes et non sur le cours de la maladie. Ils sont importants mais leur action est modérée et limitée. Pour l'instant, tous les médicaments visant à bloquer la maladie ont échoué, soit parce qu'ils n'étaient pas efficaces, soit parce qu'ils avaient des effets secondaires trop importants. Des pistes restent intéressantes et permettent d'envisager que dans les années à venir on pourra vaincre la maladie.

> Lesquelles ? 

Chargement du lecteur vidéo ...

> La Recherche s'intéresse aussi aux techniques non médicamenteuses...
Oui, en particulier aux techniques de stimulation de la mémoire comme l'art-thérapie, la musicothérapie... Des travaux de recherche ont montré que la musicothérapie diminuait l'anxiété, la dépression de ces malades.