2010 était l’année de la biodiversité. 2011 le sera encore davantage. Loin du cliché "agriculteur-pollueur", les professionnels de la terre changent leurs pratiques.

Incroyable. C’est le mot qui décrit le mieux le jardin d’Eden de Raphaël Colicci, à Saint-Privat, près de Lodève. Imaginez un peu : trente hectares de terres où se côtoient deux cents variétés d’oliviers, soixante cerisiers différents, encore plus d’espèces de figuiers, des fruits oubliés, des tomates de toutes sortes… "Regardez cette olive amellau, plaide l’agriculteur avec passion. En ragoût, elle libère un goût de laurier et de rose, et vous voulez que je la laisse disparaître sous prétexte qu’elle fait moins d’huile ?"

Raphaël Colicci est fâché, et on le comprend. En goûtant tous ces fruits exquis qu’on ne voit jamais à l’étalage, on réalise à quel point l’industrialisation de l’agriculture et de la distribution ont considérablement appauvri l’offre alimentaire. À travers son combat pour la réhabilitation de ces variétés oubliées, Raphaël Colicci est un fervent défenseur de la biodiversité. À sa façon. Car il y en a d’autres.

> Raphaël Colicci et son jardin extraordinaire de fruits oubliés :

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Laisser la nature faire son travail
Les viticulteurs évoluent, à l’image des membres du Syndicat des côtes de Thongue, entre Béziers et Pézenas. Parmi eux, Charles Duby et ses associés, du domaine de l’Arjolle, à Pouzolles. Baladez-vous dans leurs vignes et vous remarquerez que les couloirs entre les rangs de ceps ont des petits airs de prairie (voir la vidéo ci-dessous). Point de négligence, ici, mais la volonté de laisser à nouveau la nature faire son travail. "Ça améliore la qualité des sols et ça en limite l’érosion", explique Charles Duby. Tout le monde y gagne : le viticulteur économise du temps et de l’argent en n’utilisant plus de désherbants chimiques, l’environnement ne s’en porte que mieux, et une faune nouvelle prend possession des lieux. Idem pour les haies, en bordure de parcelles. « Les acariens présents sur les arbres mangent des nuisibles présents dans les vignes." Mais si c’est aussi bon pour tout le monde, pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? "Parce qu’avant, on aimait avoir des vignes “propres”. C’était mal vu de laisser un arbre mort dans une parcelle !", se souvient le viticulteur. Aujourd’hui, c’est conseillé. Ceux qui, comme lui, ont changé de mentalité, cherchent maintenant à inciter les autres à faire de même.

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Désherber sans polluer
L’enherbement des cultures n’est pas possible partout. A Murviel-lès-Béziers, dans les vignobles non irrigués, il "vole" une partie de l’eau nécessaire à la vigne. Il faut donc désherber mécaniquement. Les viticulteurs, aidés par les collectivités, se sont équipés d’un intercep (vidéo ci-dessous). Cette démarche s’inscrit dans le "défi pesticides" lancé par la commune.

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