Historique : le 4 septembre, quatre cents femmes font revivre la révolte des ouvrières de la soie, en 1906.
Si Zola avait été cévenol, il aurait pu écrire, plutôt que la vie des mineurs de Germinal, celle des fileuses de Ganges dans les années 1900. Ces damnées de la soie fabriquent les bas qui gainent les jambes des dames « de la haute ». Dans les usines, véritables bagnes féminins, six jours par semaine, elles sont des sans-droits, devant obéissance absolue au patron… pour 1,50 franc par jour, la moitié de la paye d’un homme. Ganges, « capitale du bas de soie » au début du XXe siècle, a voulu leur rendre hommage, pendant les trois jours de fête de « Ganges 1900 ».
« Nos arrière-grands-mères »
Frédéric Hideux, directeur de l’Office du tourisme : « Nous voulons rassembler les Gangeois autour de leur propre histoire. Depuis quatre ans, ils imaginent, créent, animent l’événement. Ces femmes sont leurs arrière-grands-mères… » Des femmes qui, le 3 décembre 1906, se révoltent. Sur les 700 fileuses - et 95 enfants -, 613 se mettent en grève. Elles réclament 50 centimes de plus par jour. Le mouvement se répand dans toutes les Cévennes. Épuisées par un conflit qui dure, elles accepteront à la fin les dix centimes concédés
par les patrons...














