André Vezinhet se dit consterné par les propos tenus par Georges Frêche relatés dans les éditions de Midi Libre et Montpellier Plus de ce matin sur le financement du Département pour le projet de la gare Saint-Roch.

« La contre information autour du financement du Département sur ce projet tout autant que sur le projet Campus me consterne au plus au point. Comment peut-on à ce point manipuler les informations ? Depuis 2004, ce sont 135 M€ que le Département a investi sur le territoire de l’agglomération de Montpellier. Le projet de la gare ne fait pas partie de nos compétences. Cependant, les 6,2 M€ du contrat 2009 qui nous lie à l’agglomération peuvent tout à fait être attribués à ce projet.  

Quant au projet Campus, il m’était juridiquement impossible de signer la convention, puisque les termes en avaient été unilatéralement modifiés. Toutefois, notre participation est maintenue et elle est, là aussi, très importante : 100 M€ pour le volet routier où nous sommes maître d’ouvrage, 6,7 M€ pour d’autres aménagements routiers pour lesquels nous ne sommes pas maître d’ouvrage et enfin, 1 M€ pour le projet Euromov.

Nous continuons donc à être un partenaire de première ligne pour l’agglomération de Montpellier et ce, malgré le contexte actuel particulièrement tendu. A l’heure où les collectivités territoriales sont menacées et au moment où nous devons faire des coupures drastiques dans nos budgets, nous faisons le choix de continuer d’intervenir, malgré tout, dans des domaines hors de nos compétences, le tout en composant avec la pression de plus en plus forte exercée par nos compétences obligatoires autour de l’action sociale qui accapare 53 % de notre budget.

Aujourd’hui, Georges Frêche se permet de nous demander de mettre la main à la poche, alors que nous le faisons déjà par choix, par principe aussi, parce que l’argent que nous gérons n’est pas le nôtre, mais bien celui des contribuables. Je ne suis jamais permis de juger des actes de gestion des collectivités et je suis déterminé à garder cette ligne de conduite par respect justement pour ces institutions. Mais quand le président de la région bloque les paiements au Département pour des raisons de grosseur de panneau, je me demande où est passée l’éthique politique ?

J’invite les journalistes et les élus de la région et du Département à élever le débat. Ce qui se passe actuellement autour de la réforme des collectivités territoriales est affolant : il n’est pas  ici simplement question de la disparition des départements ou des régions, ou même de débat politique mais bien de l’intérêt général. Il est question de l’autonomie financière des collectivités territoriales, de la liberté de faire des choix adaptés aux réalités de proximité. C’est une réforme qui aura des incidences sur le quotidien de tous, une réforme qui ne permettra plus de soutenir les communes, les associations, de favoriser l’équité sur le territoire en matière d’accès à la culture, aux services publics, au sport, aux loisirs,  … des services et des actions qui perdront en quantité et en qualité. C’est à ces questions que nous devons nous attaquer rapidement, collectivement plutôt que de perdre notre temps dans ces jeux stériles de manipulation de l’information ».