Episode n°2 : L'immersion des récifs
Aujourd’hui, l’avenir de la pêche est intimement lié à la gestion et la protection de la ressource halieutique. Un des moyens d’action est la poursuite de la politique d’immersion de récifs artificiels. Fort de ce constat, le Département s’est associé à l’entreprise montpelliéraine Egis eau - à travers une convention de recherche et développement - pour la conception et la réalisation d’habitats artificiels innovants nouvelle génération (éco-récifs), fabriqués en béton écologique intégrant des coquilles d’huîtres. Budget total : 180 000 €, dont 80 000 € subventionnés par le Conseil général. Le reste étant financé par Egis eau, qui s'est associé à deux partenaires : BEC frères et l'Ecole des mines d'Alès (voir l'épisode n°1 : La fabrication de récifs artificiels innovants).
L'expérimentation de ce projet innovant au plan européen se déroule au Grau d'Agde.
Pierre Guiraud
> En quoi ce projet va-t-il conforter le rôle du Département dans la filière de la pêche ?
Pour concevoir les éco-récifs, Egis eau s'est servi des résultats de thèse de Sylvain Pioch, ingénieur-écologue en environnement littoral et portuaire.
Sylvain Pioch
> En quelques mots, comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
Les éco-récifs sont conçus pour abriter différents animaux marins. La hauteur des étages est étudiée pour empêcher que des prédateurs de cette faune ne viennent s'y cacher et ne déciment toutes les espèces présentes.
> Quels sont les animaux qui vont pouvoir se développer dans ce type d'éco-récifs ?
Les deux éco-récifs sont posés en même temps que 98 récifs de première génération : des "buses" (sortes de gros cylindres en béton). Un projet de la commune d'Agde de 800 000 €, auquel le Département apporte une subvention de 105 000 €.
> Voir l'immersion d'une buse
Bernard Capdeville, chef d'agence, travaux maritimes et fluviaux chez Buesa, commente l'immersion : "Nous sommes la 3e entreprise à poser des récifs artificiels. Il y a ici un pousseur de 600 chevaux. Le ponton mesure 30 m par 15 m et fait 2 m de hauteur. Sur le ponton, vous pouvez apercevoir une grue de 80 tonnes de puissance. La buse est accrochée par un câble. On plonge la buse qui est accompagnée par des plongeurs jusqu'à 30 cm du fond marin. Avec une boussole, ils orientent le récif qui doit être posé dans un sens donné. Enfin, les plongeurs communiquent au chef de barge depuis le fond de la mer l'ordre de larguer complètement le récif."
Sylvain Pioch
> Comment seront étudiés et suivis les deux éco-récifs au large d'Agde ?
Les délais de colonisation par la faune et la flore sont de l'ordre de 1 à 2 ans. Les premiers résultats sont donc attendus pour 2010. La durée de vie de l'habitat artificiel en béton est d'environ 50 ans.
> En quoi ces éco-récifs sont-ils innovants ?
A terme, les résultats obtenus par l'étude et la conception de ces éco-récifs pourront être exportés.
























