En juillet 2010, les héraultais Sébastien Roubinet et Rodolphe André ont décidé de traverser l'océan Arctique, entre glace et eau, avec pour seule assistance celle du vent... et de leurs muscles ! Départ d'Alaska et arrivée aux Spitsberg, sur près de 3 000 km (1 700 milles nautiques), ils feront progresser un drôle d'engin hybride - ressemblant à la fois à un catamaran et à un char à glace - capable d'évoluer sur l'eau et sur la banquise. Quand les vents seront favorables, les voiles le pousseront, sinon les hommes le tireront. Et durant deux, peut-être même trois mois, sans aucune assitance extérieure ! Une initiative soutenue par Monique Pétard, vice-présidente déléguée à l'environnement et l'agenda 21 (subvention du Conseil général : 5 000 euros).
Rodolphe André
> Quelle idée de vouloir traverser l'Arctique ! Etes-vous givré ?
> Est-ce qu'une telle expédition peut s'avérer dangereuse ?
> Vivre à - 20 °C pendant 2-3 mois, ça se prépare ?
Ce choix d'autonomie totale (nourriture, énergie) est audacieux et complexe. Ils ne sont pourtant ni fous, ni néophytes en la matière : Rodolphe a déjà atteint le Pôle Nord à skis depuis la Sibérie et Sébastien a franchi le passage du nord-ouest (au nord du continent américain) uniquement à la voile, sur un catamaran de sa conception, tout comme il est l'inventeur de son nouvel engin hybride.
Sébastien Roubinet
> Comment avez-vous conçu ce nouvel engin ?
> Avant la grande aventure de juillet 2010, que reste-t-il à faire ?
Leurs motivations sont multiples : pari technologique osé, défi sportif nécessitant un mental et un physique à toute épreuve, amour des régions polaires. Amour et donc crainte pour ces régions menacées par des évolutions climatiques récentes...
En effet, la banquise arctique maigrit à vue d’œil (de satellite) depuis trente ans. Elle pourrait disparaître complètement vers 2030 ; Ce qui aura des conséquences radicales sur le climat planétaire global. Il est donc urgent de mettre la banquise sous surveillance étroite, ce que font plusieurs programmes de recherche internationaux avec des moyens de surface variés : navires brise-glaces, stations dérivantes, bouées automatiques.
Le catamaran des glaces de Sébastien Roubinet semble bien dérisoire face à ces moyens lourds. Mais c’est justement un atout : grâce à sa légèreté et l’absence de propulsion mécanique, il va effleurer l’Océan Arctique tel une libellule posée sur l’eau, sans perturber le milieu traversé. C’est donc une plateforme d’observation unique pouvant fournir des données de premier choix ; la contrepartie sera évidemment que seuls des instruments scientifiques très légers et peu énergivores (solaire) auront droit d’asile à bord !
Hervé Le Goff, ingénieur de recherche CNRS, partenaire scientifique, en charge de la coordination scientifique du projet et des développements technologiques
> Quels résultats scientifiques sont attendus ? Comment seront-ils exploités ?
Autres partenaires scientifiques :
- Frédéric Vivier, chargé de recherche CNRS, est spécialiste en altimétrie satellite et développe une bouée dérivante automatique (projet « Ice_T ») qui, posée sur la banquise, mesurera en continu les paramètres de l’océan sub-glaciaire, de la couche de glace et la météo de surface, afin de réaliser des bilans d’énergie. Les instruments embarqués sur le catamaran de Sébastien lui permettront de tester ces concepts.
- University of Alberta, Dpt of Earth and Atmospheric Science, Canada
Christian Haas, enseignant chercheur dans cette université canadienne, est un spécialiste mondialement reconnu dans le domaine de la glace de mer (arctique et antarctique). Il a notamment mis au point les techniques de mesure d’épaisseur de banquise par sondage électromagnétique depuis différentes plateformes : traîneau, aéroglisseur, hélicoptère. Il est le conseiller technique et scientifique pour la mise en œuvre de cette technique de mesure sur le catamaran de Sébastien et il participera à l’exploitation des résultats pour les validations du satellite Cryosat.
> Si vous êtes une entreprise et que vous souhaitez soutenir ce projet, contactez Sébastien Roubinet au 06 45 65 56 19 / adrenaline.expe@yahoo.fr
> Retrouvez dès juillet 2010, le suivi de cette expédition sur herault.fr !














